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387

Publié le par drink 75

387

Ouvrir les fenêtres de l'appartement situé au second étage du 387 rue des pyrénées. Regarder le corps de la femme dans le lit. Le sang qui imbibent toute sa chemise de nuit. Morte il y a une dizaine d'heures indique le doc. Je calcule que la jeune fille est morte au cœur de la nuit. Je regarde la pièce d'identité sous plastique, ce semble bien être elle, je ne crois pas qu'on mérite de mourir a 22 ans et encore moins de cette manière. Multiple coups de couteaux, un fou-furieux dit le doc. Un flash. L'assassin connaissait la victime. Pas de trace d'effraction, pas de trace de lutte, pas de vol apparent, l'appartement est bien rangé, tout est a sa place. Je veux qu'on la couvre je dis a mon adjoint. Les morts n'ont pas de pudeur murmure ce crétin, j'ai envie de lui foutre mon poing dans la gueule. Enquête de voisinage je dis au aux deux inspecteurs, interroger tout l'immeuble, quelqu'un a peut-être entendu du bruit. Je veux connaître aussi ses relations, si elle avait un petit ami. Ou plusieurs dit le doc dans mon dos. Dans la rue un peu plus tard, respirer l'air frais devant le 387 rue des pyrénées, il fait froid mais ça sent moins la mort, cette rue a toujours été vivante, comme une ville dans la ville. Ça sent le crime passionnel dit le doc, elle couche une dernière fois avec son petit ami et puis elle lui annonce que c'est terminé, alors il prend un couteau dans la cuisine et puis il s'acharne. On dirait qu'elle dormait je dis, qu'elle ne s'est pas défendue. Je te le dirais plus tard mais c'est possible qu'il y a eu un seul coup de mortel. Alors il la tue et ensuite il se défoule. Oui pas de plaies au bras je souligne, les traits détendus, blessures post-mortem, pas de cris, pas de bruit. Sa mère avait les clés et l'a découverte mais sinon aucun signalement de bruit ou de quoi que ce soit confirme mon adjoint. La mère je demande. Gros choc, hospitalisé a tenon. Sous sédatif. Faut l'interroger je dis. Pas avant ce soir commissaire. Je fais quelques pas avec le doc jusqu'à sa voiture, garé un peu plus loin. Tu vas comment il me demande. Je ricane. Bientôt onze mois je hausse les épaules. Le bus 26 nous dépasse, des élèves sortent par flot de l'école en face. Faudrait faire ton deuil tu sais, je peux te conseiller des spécialistes. Je rigole. Une femme mariée commissaire il me dit en me tapant sur l'épaule, tomber amoureux d'une femme mariée ça la fout mal pour un flic. Pas eu le choix je murmure alors qu'il monte dans sa voiture, j'aurais appris que la vie n'est pas toujours un conte de fées et qu'on ne termine pas toujours avec la femme de sa vie. J'évacue l'image qui s'imprime dans ma tête et je lance a mon adjoint que je vais rentrer a pied au commissariat pour m'aérer. Un bon quart d'heure de marche ne me fera pas de mal. Meurtre au 387 rue des pyrénées je me dis, un bon titre a la léo malet. Je pense que l'affaire va être vite résolue. Je me trompe, je ne le sais pas encore mais je me trompe lourdement. En attendant je descends la rue des pyrénées, en direction du commissariat qui se trouve près de la place gambetta. En marchant j'essaie de me concentrer sur la morte, même si je pense surtout a la femme que j'aime et que j'aimerais toujours, j'essaie de me concentrer sur la morte.

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