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361 rue des pyrénées

Publié le par drink 75

Devant l'immeuble du 361 de la rue des pyrénées, un homme attend qu'il se passe quelque chose, il boit une rasade de vin rouge et regarde le ciel un peu ambré couleur bleu gris qui semble vouloir l'engloutir. Dans l'entrée du 361 de la rue des pyrénées, un livreur cherche le nom de la personne a laquelle il doit livrer un paquet. Aucun nom sur l'interphone ne correspond au nom sur le paquet, il hausse les épaules de dépit, il est de mauvaise humeur et il sent que cette journée ne sera pas bonne, il en est comme qui dirait intimement persuadé. L'homme se sent de plus en plus malade alors qu'il est déjà fatigué d'avoir descendu les deux étages, il regarde le facteur dans l'entrée et celui-ci lui demande d'un air las s'il connaît un monsieur dralaut. Non il ne connait pas il répond tout en se rendant dans la petite cour de l'immeuble ou se trouve le local a poubelle. Au fond se dit le type qui habite au troisième étage porte droite en poussant la porte cochère du 361 de la rue des pyrénées, on passe sa vie a s'emmerder mais a s'emmerder bordel. L'école n'est qu'ennui, le travail n'est qu'ennui, la vie de famille n'est qu'ennui qu'on soit parent ou enfant, le sexe n'est qu'ennui. Même attendre la mort ça fait chier il pense en ouvrant sa boîte aux lettres alors qu'un type habillé en facteur le regarde d'un air morne et semble se demander ce qu'il fout la. La femme qui descend les escaliers en courant car elle est en retard pour le travail traverse à la vitesse de l'éclair le hall d'entrée et sort dehors pour aller prendre le bus 26 qui doit l'emmener vers nation, elle a senti son téléphone portable vibrer pendant qu'elle marchait et elle regarde ce qu'il y a d'écrit sur le sms. Ya lublyu. Elle esquisse un sourire. Le facteur rebrousse chemin et repart vers de nouvelles mornes aventures. Le type devant le 361 de la rue des pyrénées le regarde passer en buvant une gorgée. Un homme sort de l'immeuble en se demandant s'il verra la nouvelle année. Des vies s'esquissent sans se retenir, sans même avoir le temps de se poser et de regarder, sans même saisir l'instant, au 361 de la rue des pyrénées comme partout ailleurs dans le monde.

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