Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

367 rue des pyrénées

Publié le par drink 75

Au 367 rue des pyrénées, au second étage, vue sur cour, calme et silencieux, un homme rédige son journal intime. Il appelle ça fragment de la vie d'un homme, c'est un peu pompeux mais l'homme lui-même, est un peu pompeux. Il écrit sur son journal, au stylo, old school, et voici qu'il écrit : "Parfois je me dis que je n'arrive pas a la cheville de ce qu'elle croit que je suis et puis je me dis quelle importance après tout puisque l'on peut vivre en plaquant les uns sur les autres ce qu'ils ne sont pas mais ce qu'on veut qu'ils soient. Une étreinte me convainc qu'elle ne plaisante pas et je crois que c'est ce que j'aime chez elle, elle ne plaisante pas. J'entends sa fureur dans le téléphone mais j'entends ses larmes. Je devine les battements de son cœur qui s'espacent, trépassent, je dévie les larmes de son visage vers le néant. C'est curieux comme je n'ai jamais supporté quoi que ce soit de qui ce soit et comme j'accepte toutes ses questions et toutes ses interrogations. Elle est sincère, elle ne triche pas. J'ai connu des gens nocifs, des gens qui n'ont jamais dis une phrase sincère de leur existence. Elle est l'exact inverse. Elle ne triche pas, elle ne joue pas. On voudrait la prendre dans ses bras et lui dire de ne pas se fracasser contre des murs de métal la tête en avant. Je sais que je pourrais l'attendre des heures, des jours, des semaines, des mois, des années...On passe sa vie a ne croire en rien. A n'attendre rien. A n'espérer rien. J'attends, pendant qu'elle maintient des existences a bout de bras. J'attends. Elle ne se plaint jamais de ça. C'est un taureau. On passe sa vie en sachant qu'on fera de son mieux entre les grands moments, que les tourments sont proches des plaisirs et que la vie n'est pas la pire des choses. On passe sa vie car on se ne sait pas l'occuper. Et puis un jour rien n'a plus vraiment d'importance. On regarde cette femme qui dort au fond d'un lit sans confort. On sait qu'on veut juste qu'elle ne parte jamais. Je sais que je ne te mérite pas je lui dis. C'est vrai que tu n'es qu'une andouille elle répond. Un jour on regarde cette femme qui dit oh la tour eiffel comme si c'était la première fois qu'elle la voyait et l'on a pas envie de se moquer d'elle. Mais juste de la prendre dans ses bras. Et qu'elle ne vous quitte pas. Qu'elle ne te quitte pas. Je crois que tu es faite pour moi. Ou moi pour toi. Je crois que nous sommes faits pour nous."

Au 367 rue des pyrénées l'homme pleure sur ce qui ne sera pas. Au 367 rue des pyrénées, l'homme coule des larmes sur des feuilles de papier et puis il attends que le temps ne passe pas. Il attends un peu, que le temps ne passe plus.

Commenter cet article