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348 rue des pyrénées

Publié le par drink 75

348 rue des pyrénées

Un appartement au 348 rue des pyrénées. Un homme ouvre la porte de son logement, après avoir ramassé son courrier dans la boite aux lettres, il y a une lettre de la femme qu'il aime. Une lettre de la femme qui ne l'aime plus. "Mon amour mon amour mon amour dis moi que tu sais que je t aime, dis moi que tu n es pas malheureux, je t'en prie tu me le dirais hein si tu étais malheureux ? Tu me manques, tu me manques bordel, tu me manques ! je t aime à la folie". La lettre est signée du nom de la femme qui ne l'aime plus et qu'il aime toujours. Elle est datée du 18/03/2013. C'est une courte lettre, très courte, parfois elles sont plus longues, beaucoup plus longues. Parfois ce sont des cartes postales, une photo avec quelque chose d'écrit au dos. L'homme replie délicatement le papier et le remet dans l'enveloppe. Il se lève ensuite et dépose l'enveloppe avec la lettre qu'il a lu aujourd'hui tout en dessous d'une pile de courrier. Il prend ensuite l'enveloppe qui est sur le dessus du paquet, puis il va la déposer sur la petite table d'entrée. L'homme qui vit au 348 rue des pyrénées, second étage porte droite, l'homme qui vit dans ce petit appartement est en train de perdre la raison, ou bien il est fidèle a ce qu'il a toujours voulu être, une fois dans sa vie, il est absolument fidèle a cet amour qu'il ne reverra, a ses souvenirs qui ne seront jamais plus animés par la présence lumineuse de celle qu'il aime. Demain matin quand l'homme partira, il prendra la lettre qu'il a déposé sur la petite table de l'entrée puis en bas des escaliers il la jettera dans sa boîte aux lettres. Demain soir quand il rentrera il ouvrira sa boîte aux lettres et trouvera la lettre qu'il a déposé le matin. Il l'ouvrira un peu plus tard chez lui et la déposera ensuite sous toutes les autres. Chaque jour il relit une lettre de cette femme qu'il aimera toujours. On pourrait dire qu'il est fou. Lui pense juste qu'il est cohérent. Il ne demande ni pitié ni jugement, il vit comme il l'entends, dans le souvenir de ce qui ne sera plus jamais, dans la prégnance de ce qui ne sera pas. Il vit comme il le veut. Il ne demande rien. Juste ouvrir chaque soir une lettre et la lire. Ouvrir une nouvelle lettre chaque soir. La lire et la relire. Pour qu'elle soit encore avec lui. Pour toujours près de lui.

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