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351 Rue des pyrénées

Publié le par drink 75

351 Rue des pyrénées

Un homme est assis dans un fauteuil de l'appartement sis au troisième étage du 351 rue des pyrénées. Une femme chante dans les enceintes "que veux-tu que je devienne si je n'entends plus ton pas". L'homme regarde la corde imaginaire qui se dessine devant ses yeux. Il se demande ce qui le pousse a continuer de vivre. Il se lève. Il prend dans son placard un camionneur gris avec une capuche. Comme chaque fois qu'il ne sent pas bien, il se décide a sortir pour marcher dehors. Sa boîte aux lettres dégueulent de prospectus. Il regarde les lettres debout dans le couloir de l'entrée, une lettre de relance, deux lettres de relance, trois lettres de relance. Il finit par tout jeter, il sait bien qu'il est au bord du précipice. Il devrait quitter cet appartement, squatter quelques mois pour se retaper. Il est déjà fatigué en pensant à l'énergie qu'il faudra. Il sort dehors, il va chez le marchand de journaux sympa qui est un peu plus loin, en allant vers le métro pyrénées. Il marche dans la rue des pyrénées, écoute le doux sanglot de la ville, se demande quand l'hiver va commencer si jamais il démarre un jour. Il attend des nouvelles de quelqu'un qui ne sait pas qu'il existe. Il relit un message sur son téléphone, la fille qui habite dans le nord le relance vaguement, elle lui donne rendez-vous chez cosette pour le soir, le rade en bas de la rue des envierges, il ne sait même plus s'il a baisé avec elle la dernière fois, elle était a poil dans son lit mais il n'a aucun souvenir d'un accouplement d'aucune sorte. Il achète libération comme tout les week-end, il passe au tabac un peu plus loin, achète un paquet de bastos et ressort dehors. Il reprend la direction de chez lui et finit par s'asseoir en terrasse au café des rigoles. Il se demande s'il ira ensuite acheter un peu de bouffe au chinois un peu plus loin, il lui reste des tickets restaurant autant qu'il les utilise, au boulot il ne mange plus. Toute ma vie a attendre un signe de vie de quelqu'un qui ne m'en donnera plus jamais. Ce serait une belle épitaphe pour sa tombe, il se dit, il aura attendu toute sa vie, non ça va pas, un truc sur l'attente c'est pas une mauvaise idée mais il faudrait qu'il y réflechisse. Un type lui fait un signe de la tête alors qu'il passe devant la terrasse, il ne sait même qui c'est mais il sent que le type le connaît. Il voudrait aller au cinéma mais ça fait tellement longtemps qu'il n'a pas été au cinéma qu'il ne sait même plus quoi aller voir. Il pense au traiteur chinois, la mère est sympa, mais c'est la fille qui le fascine, avec ce petit sourire en coin chaque fois qu'il entre dans la boutique. Il a envie de lui arracher sa blouse et de la baiser sur le comptoir entre le rice cooker et les nems aux crevettes. Il devient dingue il se dit. Il a envie d'acheter a boire mais il ne va pas le faire. Il devient tellement con. Et puis il ne supporte plus. Son corps part en lambeaux. Il relit un autre message et il comprend qu'il n'a pas rêvé. Une fille l'invite dans la ville de celle qu'il attends. Il s'imagine en train de se promener et tomber sur elle, nez a nez, au détour d'une rue de la vieille ville. Il se lève, il va rentrer chez lui, il passe devant le traiteur chinois mais ne s'y arrête pas, il passe devant le franprix mais ne va pas acheter a boire, il rejoint le 351 après avoir traversé la rue des pyrénées. Il fait un peu plus froid. Il croise un homme qu'il ne connait pas dans l'entrée de son immeuble. Il croise des gens mais il ne les voit pas. Pour l'instant en tout cas, il ne les voit pas.

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