Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

353

Publié le par drink 75

L'immeuble du 353 rue des pyrénées est coincé entre "a la bière comme a la bière" et "mister scooter". Un homme écoute le dernier album de mansfield tya qui s'appelle corpo inferno paru chez vicious circle et il répond a une fille qui lui a écrit sur le site adopteunmec point com au moment ou le duo chante en choeur "dans le monde du silence je m'emmerde". Au 353 rue des pyrénées dans un autre appartement une femme dépose dans une machine à laver un jean 501 de marque lévi's, un jean en cuir bill tornade, un tee-shirt de taille L du groupe effello et les extra-terrestres sur lequel est écrit je suis une loutre, une paire de chaussettes acheté par trois pour neuf euros quatre vingt dix neuf a h&m, un shorty noir, une paire de socks acheté chez macy's a pasadena, californie, une chemise mauve de chez celio, elle rajoute une dose de produit lessive de marque leader price acheté au franprix de la rue des pyrénées. Au 353 rue des pyrénées, un homme répète son rôle, il est acteur, il jouera dans quelques semaines, il ne répète pas, il apprend par coeur, bêtement, juste pour se mettre en bouche les mots, il apprend une des tirades principales de son rôle : "Mais mon petit bonhomme, vous savez que vous avez un toupet formidable. Oui je trouve formidable la manière dont vous faites les questions et les réponses, je trouve formidable que vous imaginiez des faits, que vous ne vous posiez aucune questions, que vos errances imaginaires n'aient point de place pour le doute. Ah ! La parole, la parole, les mots, ce ne devrait être que légèreté, que linéarité, que non-dit, que silence. Mais monsieur, cher monsieur, pauvre petit monsieur, la parole n'est pas ce moulin qui doit se déverser, ce n'est pas un flot qui doit recouvrer, non monsieur, la parole est un filet, une douceur extatique, un tout petit chemin. Je crois que vous vous trompez, les pensées ne doivent pas jaillir, répétitives et surannées. Vous êtes de ces gens pleins de certitudes, des étendards a bite, des staliniens mal fanés. Ce n'est pas la marée de mots qui rends la chose intelligente. Ce n'est pas ça, ce n'est pas du tout ça, non, non et non. J'ai envie de vous hurler mon silence monsieur, de hurler mon absence monsieur, de hurler encore et toujours." Au 353 rue des pyrénées, un homme ressasse et ressasse encore ce qui lui a dit la femme qu'il aime tant, Des conneries sur la joie du souvenir, ce genre de poncifs qu'on entend plus que dans les ténénovelas. Garde un bon souvenir, il faut passer a autre chose. Cette salope se faisait troncher par une autre bite oui, c'est juste ça, il était tellement furieux, tellement furieux, il voulait fracasser son poing contre le mur de son appartement, pour avoir mal, il voulait boire de la vodka pour se fracasser l'âme et avoir le courage de se fumer. Les conneries que les femmes faisaient avaler aux hommes, c'était à se demander si elle ne répétait pas ce qu'on voulait entendre. Pauvre débile se traitait l'homme. Au 353 rue des pyrénées, la femme faisait d'abord un café très fort.. Ensuite elle trempait les biscuits pour tapisser son plat. Elle faisait toujours deux tiramisu, un avec des biscuits champagne, l'autre avec des spéculoos. Chacun de ses fils avaient sa préférence. Ensuite elle versait la crème composait d'oeufs de mascarpone de sucre roux de sucre vanillé. Avant de recouvrir avec un nouvelle tapis de biscuits trempés dans le café bien fort. Le système des couches chère a la cuisine d'origine italienne. A la fin elle saupoudrait de cacao. Posait une assiette pour que le tiramisu prenne. Toujours préparer la veille c'était bien meilleur. Au 353 rue des pyrénées, un homme fait ses comptes et sait bien qu'il n'aura plus d'argent dès le 10 du mois. Il doit aller au lidl de la rue compans de l'autre côté de la place des fêtes pour dix euros il peut s'acheter des tonnes de pâtes et tenir le coup. Il paiera ses factures en retard, il est habitué. Il ne sort plus depuis longtemps, pas de cinéma, pas de sorties, plus de vie sociale. La vie est un mirage dont on ne revient. L'homme en est là. Au 353 rue des pyrénées.

Commenter cet article