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333

Publié le par drink 75

C'est un bel immeuble le 333 rue des Pyrénées. Au premier étage un homme relit un lawrence block. Sans doute le meilleur livre écrit sur l'après onze septembre. Lendemain de terreur. Lawrence block n'est pas un écrivain de polar, c'est l'écrivain de new york. Le vrai. Pas le new york coincé du cul et faussement humain de paul auster. Pas le maniéré chic et so smart de jay mac inerney, même si mac inerney a écrit un bon livre sur le onze septembre. Mais lawrence block c'est le meilleur écrivain sur new york. Et lendemain de terreur c'est le meilleur livre écrit sur le onze septembre, sur le choc que ce fut. Lawrence block est un des meilleurs écrivains sur l'état alcoolique, et un des meilleurs sur new york. L'homme qui lit ce livre m'a un jour parlé de lawrence block et c'est lui qui me l'a fait découvrir. C'est un bel immeuble le 333 rue des pyrénées, c'est a cet endroit qu'une femme est morte il y a quelques années, de faim, une femme est morte de faim dans cet immeuble, les gens disaient qu'elle était folle, d'autres qu'elle ne voulait plus sortir de peur que les nazis reviennent la chercher, j'ai toujours pensé qu'elle était morte de solitude, je l'ai croisé quelques fois, en lui disant juste bonjour, je ne lui ai jamais vraiment parlé, sans doute parce que je ne parle jamais aux gens, sans doute pour cette raison. C'est un bel immeuble le 333 rue des pyrénées, parfois j'y croise le garçon qui est parait-il handicapé et qui vit avec sa mère. Elle m'invite parfois chez elle, alors je bois quelques verres, et je joue un peu avec le petit garçon qui ne veut plus aller a l'école car les autres enfants se moquent de lui. Je ne comprends pas, je ne comprends toujours pas quel est le handicap de l'enfant, enfin si je le sais une histoire de coordination des membres, mais je ne vois pas son handicap. Sa mère aimerait bien me mettre dans son plumard, le jeune garçon aimerait que je devienne son père, mais je ne le veux pas. C'est un bel immeuble le 333 rue des pyrénées, j'y vois parfois mon reflet dans le miroir de l'entrée. J'y bois seul dans mon appartement en attendant une femme qui ne reviendra jamais. J'y écris parfois, des mots que presque personne ne lit, des phrases qui ne mènent a rien, mais je me sens apaisé comme si cela pouvait encore donner un sens a mon existence. C'est un bel immeuble le 333 rue des pyrénées, c'est la que je vis, c'est ici que je vis. Ici que je vis.

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