Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

334

Publié le par drink 75

334 rue des pyrénées. Le café de la place des rigoles. Bouffe pas très bonne, terrasse un peu bruyante. Un homme boit un picon bière et explique a une femme que ce n'est plus possible, que ce n'est pas de sa faute, ce n'est de la faute de personne, mais elle n'aurait pas du tomber amoureuse de lui parce que personne ne doit s'amouracher de sa personne, il ne s'en glorifie pas mais il est ainsi. La jeune fille lit la lettre de son père, il lui explique qu'un jour il reviendra, il y a un billet de 50 euros dans l'enveloppe, son père est fou, elle le sait, sa mère qui l'aime toujours le sait, elle lit les mots écrits sur la lettre d'une écriture tremblante qui ne veulent pas dire grand-chose hormis qu'il part, il doit être hospitalisé a sainte anne, elle imagine. Un homme boit un café, il n'en peut plus de cette vie, il se dit, a quoi bon repousser l'échéance, pourquoi encore et encore continuer cette mascarade, les médecins vont le maintenir en vie mais bordel a quoi ça sert puisqu'il n'attends plus rien de la vie. La femme termine son kir et en commande un autre, elle sent encore les mains de l'homme sur sa peau, sa vibrante respiration, son souffle brutal, son désir prégnant, elle sent encore sa queue palpitante en elle. Il s'interroge en remuant la cuillère dans la tasse, il se demande comment donc expliquer a ses élèves le pli chez leibniz. Faut-il uniquement parler de deleuze, seulement prendre l'optique de ce dernier. Il aimerait être novateur tout en se demandant si ses élèves en ont quelque chose a faire de ses propres rêves de grandeur. Le vieil homme sirote sa bière tout en regardant le cul des femmes. Il reconnait chaque cul, un cul d'asiatique, un cul d'africaine, un cul de vieille. Il est fasciné par toutes ses femmes en pantalon et leur cul qu'elles agitent devant ses yeux éblouis. Un homme sans âge lit ce livre de série noire inspiré de l'histoire du front national. Parfois il assèche son gosier d'une gorgée d'un rouge lourd et peu digeste, un vin chilien un peu vert. Le livre n'est pas très bien écrit, il faudra qu'il le revende. Il manque un souffle comme souvent dans le polar il manque un peu d'ambition comme souvent dans la littérature. La femme retient son souffle, elle se demande pourquoi la vie n'a pas voulu d'elle. Elle regardent tout ces gens qui respirent, vivent, vibrent et semble comme des gens ont un rôle dans la vie. Elle aimerait voir la mer encore une fois, c'est tout ce qu'elle redemande a la vie, voir la mer une dernière fois.

Commenter cet article