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316 rue des pyrénées

Publié le par drink 75

L'immeuble du 316 rue des pyrénées est concomitant au 318 rue des pyrénées. Un homme est assis dans un canapé dans la salle a manger de sa mère. Un homme qui vient de sortir d'un hôpital psychiatrique en banlieue parisienne relit des extraits de son journal, écrits pendant ces journées a l'hôpital. "Je vais partir, je vais sortir, je vais retourner dans la ville, le premier truc que je fais c'est boire une bière en terrasse, le premier truc que je fais c'est poser mon gros cul rouquin sur une chaise et commander une putain de bière en terrasse. Place des grandes rigoles. Même s'il gèle, même s'il fait un froid de gueux, je m'assieds sur une chaise et je commande une bière que je bois en prenant tout mon temps. L'infirmier vient me reparler de sa secte et je l'envoie même pas se faire foutre. Une fille alcoolique que je connais un peu arrive dans le service. Elle part dans une semaine pour un établissement spécialisé dans le sevrage, un endroit vers Brest je crois. On parle un peu, elle me propose les clés de son appartement. Le souvenir de cette fille me revient, ça mets un peu de temps mais ça me revient, pendant quelques jours, alors que je m'étais embrouillé sévère avec elle, j'ai traîné un peu en ville. Et elle m'a proposé de venir squatter chez elle quelques temps. Jamais vu une alcoolique pareille. Elle ne jetait jamais aucun alcool. Elle gardait le fond des verres et les déposait amoureusement dans son frigo. La nuit parfois elle se levait pour finir un verre. On avait baisé un peu. Il me semble qu'il faisait si froid dans son appartement, qu'elle était monté sur moi avec mon perfecto sur les épaules. Je me souviens que le va et vient de ses hanches allaient de pair avec le bruit de mon perfecto bien trop grand pour son petit corps frêle qui venait heurter mes cuisses nues. J'ai regretté qu'elle arrive juste avant mon départ car on pouvait discuter avec elle. Ça passait le temps. Dès son arrivée, elle s'est mise a la colle avec un grand type un peu flippant, je ne sais plus s'il était alcoolique ou drogué, il venait d'arriver quelques jours auparavant, mais je l'avais plutôt évité, il me semblait dangereux sans que je sache trop pourquoi. Les histoires amoureuses occupaient une grande partie du temps en psychiatrie, a force de regarder des niaiseries a la télévision, les pensionnaires de l'étage reproduisaient les schémas crétins vu dans des séries ahurissantes de conneries." L'homme tourne les pages de son journal. Je lis beaucoup, je viens vite a bout de la bibliothèque de l'hôpital. Il n'y a rien d'intéressant en littérature. Alors je me rabats sur les policiers, c'est vieux et c'est sans intérêt mais ça passe le temps. En psychiatrie, on a un temps incroyable, on a même que ça, mais on ne peut rien en faire. Pas de supers livres a dévorer, pas de films a voir au cinéma, aucun pote avec lequel tenir des grandes discussions philosophiques, enfin bref on s'emmerde comme c'est pas possible. Je lis des romans policiers sans intérêt, je regarde des images défilées sur l'écran d'une télévision, je joue toute la journée au tennis de table avec un adolescent obèse qui joue tellement mal que c'est presque un art. Une semaine qui semble une année. L'homme regarde les images sur la télé, sa mère à côté de lui semble comme aimanté. Il se demande ce qu'il va faire. Il se demande ce qu'il va boire.

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