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300 Rue des pyrénées

Publié le par drink 75

Je passe au tabac et j'achète deux paquets de cigarillos et du tabac a rouler. La jeune vendeuse chinoise me donne du commissaire entre chaque phrase, bonjour commissaire, comme d'habitude commissaire. Le gérant du café tabac qui ressemble a un gamin, chinois lui aussi, me prépare un demi. Je dépose un peu de monnaie sur le zinc alors qu'il me dit non commissaire, c'est offert. Je hausse les épaules. Le jeune couple croit toujours que c'est grâce a moi qu'ils ont eu certains papiers qui leur facilite la vie. Je prends mon picon bière et je sors dehors ou je m'allume un cigarillos. J'habite la, au 300 rue des pyrénées. L'affaire n'avance plus. Je commence a me demander si je suis réellement a la hauteur. Je bois une gorgée de picon. Je classe et reclasse encore tout les éléments dont je dispose sur la mort de Louise. Pourquoi est-elle morte ? Pas de réponses. Est-ce qu'il y a un mobile ? Pas de réponses. Quelqu'un en voulait a Louise ? Pas de réponses. Un petit ami : négatif. Une vie secrète : négatif. Des amis : négatif. Des ennemis : négatif. Je bois une seconde gorgée de mon picon, tire sur mon cigarillos. Une ambulance toute sirène hurlante passe en direction de la rue de belleville. Une femme qui tient un téléphone dans une main et qui dirige une poussette de l'autre main explique dans le combiné en parlant fort que ce n'est pas possible de continuer ainsi. Qui es-tu Louise. Tu avais peu d'amis, tu avais peu de passion. Ta famille c'était ta mère. Tu semblais effacée, discrète. Je descends une troisième puis une quatrième gorgée de mon picon. Un autre verre commissaire me demande le jeune serveur chinois. Négatif je réponds alors que dans ma tête je souligne que je suis capitaine. Je me demande pour quelles raisons Louise avait quitté le domicile de sa mère. Après tout, son petit appartement était impersonnel, elle habitait près de chez sa mère. Souvent elle allait chez sa mère. Elle ne recevait pas. J'ai l'impression d'une incohérence. Il faut que je trouve un fil. Pourquoi prendre un appartement seule si c'est pour passer tout le temps chez sa mère, avec cette dernière ? Elle connaissait son meurtrier c'est certain. Aucune trace de lutte. Je finis mon picon. Cette histoire me rend dingue. Chaque soir je m'endors en devinant le visage de Louise. Chaque soir. Chaque matin je me réveille en devinant le visage de Louise. Chaque matin. Je me lève, je fais un signe au patron du bar tabac et je rentre dans mon immeuble au 300 rue des pyrénées.

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