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282 rue des pyrénées

Publié le par drink 75

Tu ne comprends pas ce que je ressens, dit la femme qui vit au troisième étage du 282 rue des pyrénées, tu n'as jamais rien compris, dit-elle a son mari. Celui-ci est assis dans son fauteuil, il lui semble que la télévision est allumée sur un programme quelconque, des images pour meubler le vide, pour combler l'ennui. Tu n'a jamais compris, tu ne comprends pas, et tu ne comprendras jamais. L'homme a les yeux qui se brouillent, ce sont des larmes peut-être. Il lui semble que la voix de sa femme devient plus aigu, a moins qu'elle ne parle plus fort, il se demande si elle ne vas pas se mettre a hurler. Tu n'entends pas ma douleur, tu ne devine pas comme je souffre, tu n'es d'aucune aide, d'aucune utilité, je vais m'en aller, tu sais, je vais m'en aller. L'homme se penche pour attraper sa bouteille de bière et en descends une gorgée ou deux pour essayer de dissiper la souffrance. Je me consume auprès de toi, je disparais, c'est comme si mon corps s'enfonçait dans le sol, c'est comme si ma tête disparaissait dans un seau, c'est comme si mon âme se dissolvait dans l'air, c'est comme si tout mon être devenait invisible. L'homme essaie de reprendre une contenance, il aimerait ne plus entendre ses paroles. Il regarde vers l'endroit ou se tenait souvent sa femme quand elle commençait a le haranguer a la manière d'un procureur. Il repose sa bière. Depuis combien de temps s'est-elle suicidée, trois ans, peut-être quatre. Mais il ne parvient pas a l'oublier, il n'arrive pas a l'effacer de sa mémoire, et regarde a l'endroit ou elle devrait être. L'endroit ou elle se tenait toujours alors qu'il était assis dans son fauteuil et regardait la télévision. Dans le salon d'un appartement du troisième étage du 282 de la rue des pyrénées.

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