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268 Rue puebla

Publié le par drink 75

Un homme va tomber. Puis un autre. Puis encore un autre. Une femme va tomber. Puis une autre. Puis encore une autre. Un enfant va tomber. Puis un autre. Puis encore un autre. Des femmes, des hommes, des enfants vont tomber. Des enfants vont tomber. Des femmes vont tomber. Des hommes vont tomber. Puis d'autres. Encore d'autres. La rue des pyrénées ne s'appellent pas encore rue des pyrénées. Elle s'appelle la rue puebla. Nous sommes le 28 mai 1871. A l'angle de la rue de ménilmontant. Les versaillais chargent. Les versaillais exécuteront froidement une soixantaine de communard. Ici au 268 de la rue puebla qui deviendra la rue de ménilmontant. C'est la fin de la commune, ce ne sera pas la dernière barricade, mais c'est le dernier jour de la commune, avant les massacres, la répression, les dizaines de milliers de personnes exécutés. Ceux qui seront exilés, très loin, ceux qui seront enfermés très loin. Mais pour le moment c'est le matin, et des hommes et des femmes, et des femmes et des enfants, et des enfants et des hommes attendent les versaillais. Ceux qui vont plus tard les massacrer, les fusiller, les tuer. Une femme va tomber. Des enfants vont tomber. Des hommes vont tomber. Bientôt le pavé de la rue puebla serait recouvert du sang des communards, bientôt le sang coulera et descendra la rue de ménilmontant. Bientôt les rigoles du quartier seront ocres et trempées du sang des femmes, du sang des enfants. Bientôt le bruit des fusils des versaillais occupera l'espace, et les cris des femmes, les cris des enfants, les cris des hommes satureront tout belleville-ménilmontant. Un homme tombe. Un enfant tombe. Une femme tombe. Puis encore d'autres. Encore d'autres. Encore et encore. Des morts et des morts. Nous sommes le 28 mai 1971 au 268 de la rue puebla.

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