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245 rue des pyrénées

Publié le par drink 75

 

Je viens a pied du commissariat, l'immeuble du 245 de la rue des pyrénées est a quelques dizaines de mètres. Je monte au deuxième étage assez rapidement comme si le macchabée qui m'attends en avait quelque chose a foutre. On peut le décrocher ? me demande mon adjoint en me disant que c'est un suicide, enfin il semble que ce soit un suicide. Je pense a louise, je ne suis plus vraiment sur l'affaire, les plus fins limiers du quai des orfèvres sont maintenant au chevet de l'affaire. Je continue de rendre visite a sa mère, elle me parle, je lui parle, nous nous parlons. Il y a une lettre ou l'homme pendu demande a sa fille de lui pardonner, visiblement il était très endetté, il dit que sa mort va tout résoudre, j'ai pas trop compris pourquoi ajoute mon adjoint alors que je me demande s'il a jamais compris que ce soit. Qui l'a trouvé je lui demande  ? Sa femme, elle est a côté, on a appelé un interprète, elle ne parle pas le français, elle ne parle l'anglais, elle est moldave. C'est comme du roumain, je dis, si tu parle latin tu peux t'en sortir. Les moldaves parlent roumain ? m'interroge mon adjoint avec un air aussi choqué que si je venais de lui proposer de l'enculer sans capote. Je vais dans la pièce a côté, une femme est prostré sur un petit canapé. Elle me semble beaucoup plus jeune que le type que l'on vient de décrocher. Elle pleure avec intensité comme seule les slaves en ont le secret. Je dis les quelques mots de roumain que je connais, elle ne semble pas comprendre. Je suis russe elle dit en anglais, enfin c'est ce que je comprends. Bordel ce nouvel adjoint je vais le tuer. At-kouda te ? je lui demande. Elle lève les yeux vers moi, elle semble vraiment jeune, je ne sais pas dans les 25 ans, le mec qu'on est en train de décrocher dans l'autre pièce a dans les 50 ans. Govori russky elle dit les yeux dans le vide. tchut' tchut' je réponds. Elle me dit d'ou elle vient. Mon adjoint arrive. Elle est bélarus je lui dis. Rien a voir avec le roumain, demande un traducteur de russe. Je m'assois près de la jeune fille. Je regarde la lettre manuscrite posé sur la table. L'homme dit qu'il ne faut pas que sa fille lui en veuille, qu'elle devra s'occuper de sa mère, qu'elles n'auront plus aucune dette. Elles devront vendre l'appartement et repartir vivre au belarus avec l'argent elles pourront bien vivre là-bas. La jeune femme pleure. Le téléphone sonne. Une très jeune fille débarque dans la pièce en hurlant. Une grande-mère qui pleure débarque a la suite de l'enfant. Le téléphone sonne toujours. Mon adjoint me regarde avec son air de chien battu. Je pense a louise. Le téléphone sonne toujours. Je pense a louise.

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