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247 Rue des pyrénées

Publié le par drink 75

 

Dans un appartement du 247 de la rue des pyrénées, un homme est allongé sur son lit. Au second étage d'un appartement dont les fenêtres donnent sur la cour. Il lit un livre de cioran, de l'inconvénient d'être né, il le relit plutôt, un des livres qu'il ne retirera pas de sa bibliothèque. Il a prit cette décision, un peu obligé par l'espace très limité de son appartement. Quand il a comprit qu'il n'aurait jamais un grand appartement, qu'il vivrait seul toute sa vie et dans un espace ne dépassant pas les trente mètres carrés au mieux, il avait décidé qu'il ne garderait que les livres indispensables, ceux qu'il pourrait relire à l'infini. Il avait alors exfiltré de ses étagères tout les livres qu'il ne relirait pas, beaucoup de polars pas inintéressants mais pas indispensables. Il n'avait pas jeté les livres. Il les avait donné, distribué a des associations et dorénavant il n'avait plus que quelques étagères. Il sacrifiait parfois un auteur quand il achetait de nouveaux livres, ainsi le dernier foster wallace, énorme, l'avait obligé a faire un peu de place. Il vivait dans une absolue solitude, la semaine il travaillait, et même s'il avait des échanges avec ses collègues, il ne se sentait aucune appétence avec eux. Ils habitaient tous en très lointaine banlieue, voire au début de la province, et leur intérêts dans la vie semblaient être leur maison, leurs enfants, leur sortie en vélo dans la forêt. Il ne s'intéressait qu'a la littérature et il préférait ne pas trop en parler auprès de ses collègues pour ne pas les heurter, passer pour un mec qui pétait plus haut que son cul. Il y a des gens qui lorsque vous parlez du dernier livre que vous avez lu, vous regarde comme si vous étiez un sérial killer. L'homme pose son livre sur ce qui lui tient lieu de table de chevet. Il pense a cette femme qui fut sa maîtresse, elle ne venait plus désormais un jour ou deux par mois, avant,  ils s'accouplaient sauvagement, comme si c'était la dernière fois qu'ils faisaient l'amour. Elle avait disparue comme elle était apparue, aussi soudainement. Un jour elle lui avait dit que c'était fini, qu'elle devait retourner auprès de sa famille. L'homme sourit amèrement, allongé dans son lit au 247 de la rue des pyrénées, regarde le plafond, et attends qu'il ne se passe rien, comme qui dirait, il attends qu'il ne se passe rien.

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