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Articles avec #400-350 tag

346

Publié le par drink 75

Au 346 rue des pyrénées, dans un tout petit appartement du rez de chaussée, un homme noircit des pages. Ce n'est pas forcément très compréhensible mais voici ce qu'il écrit : " Je suis né a paris, j'y ai toujours vécu, je suis comme qui dirait un parisien qui ne sort jamais de la ville. Je suis un paysan de la cité, un type qui n'est pas capable de sortir de la capitale. Le métro fait partie de ma vie, le métro est en moi, toutes les lignes sont mes lignes, toutes les stations sont mes stations. Ma ligne de métro, c'est la ligne 15, une ligne qui n'existe pas. Il y a 14 lignes de métros à paris, seize si on compte la 3 et la 7 bis. Ma ligne c'est la ligne 15. C'est la ligne de ma vie, c'est ma ligne de vie. Et ça commence par Chevaleret. Je suis né la, à l'angle du boulevard de la gare. Il changera de nom plus tard, il deviendra le boulevard Vincent Auriol. En même temps, c'est vrai que la boulevard de la gare ne menait a aucune gare. Il menait quai de la gare qui lui-même n'était pas le quai d'une gare mais le quai de la Seine. Peut-être avant mais je m'en fous. Je n'ai aucun appétit pour l'histoire, je n'ai pas d’appétence connaître l'origine des noms, des places, des rues, je m'en contrefous. Quand j'avais dix ou quinze ans, le boulevard de la gare est devenu le boulevard Vincent Auriol. Un président oublié de la quatrième république, il faut dire que les présidents de la quatrième république, ils sont tous un peu oublié. Mon premier travail était sur ce boulevard, dans l'hypermarché qui se trouve au métro nationale. Plus tard, un écrivain décrira cet endroit comme un temple de la consommation. J'y ai bossé un mois, c'était l'été j'avais 16 ans. Plus tard, c'est a cette station que je viendrais voir ma mère jusqu'à qu'elle meure un samedi en début d'après-midi. C'est la que j'assisterais à la levée de son corps, à la fermeture de son cercueil, que je monterais dans le fourgon pour l'emmener vers le cimetière. Les Gobelins. Je vivais là au moment ou j'ai eu ma première carte orange. Comme un sésame pour visiter Paris. C'était juste pour aller à l'école jusqu'à Sully Morland, c'était pour s'entraîner a l'avenir, a vivre déjà comme ce que serait ma vie de parisien. Se lever le matin pour prendre le métro et rentrer le soir avec le métro. Ce n'est pas une impression d'asservissement à l'époque, je crois que c'est un peu l'inverse, c'est le début de la liberté. C'est la fin du primaire, c'est le début de la sixième, c'est le moment ou l'on pourra aller seul à l'école, l'instant ou l'on quitte la main de sa mère, le regarde de son père. Cet instant tout a fait fascinant ou l'on sait que l'on va quitter le cocon familial. C'est le collège, c'est le début des boums, c'est les sorties avec les copains, les mercredis après-midi a glander au centre commercial, les premiers films que l'on va voir tout seul. La vie semble inconnu, l'avenir ouvert a des promesses, on ne sait pas encore, on ne devine pas déjà, que la vie sera beaucoup moins drôle que prévu, beaucoup moins détendu. La vie tu crois souvent que ce sera un vendredi soir, avec un week-end remplis de promesses et en fait c'est souvent comme un dimanche soir, un peu glauque, un peu triste, ou tu as l'impression que tu n'as rien accompli de formidable au cours de ce week-end. A l'époque, la carte orange c'était vraiment une carte, dans un plastique. Il y avait encore les premières classes dans le métro c'était tentant, les gens étaient écrasées en seconde et en première tu pouvais te la couler douce, assis sur un siège. C'était tentant.A l'époque, la carte orange c'était vraiment une carte, dans un plastique. Il y avait encore les premières classes dans le métro c'était tentant, les gens étaient écrasées en seconde et en première tu pouvais te la couler douce, assis sur un siège. C'était tentant. Liberté. Ce n'est plus tout à fait paris, c'est une de ces stations de métro qui se situe en proche banlieue. La première fille que j'ai embrassé à la sortie de cette station, nous étions dans la rue de Paris, revenions de la foire du trône qui se situe rue de reuilly non loin de la, et je me souviens que je lui ai pris la main pour la ramener chez elle. Elle s'appelait Christine, elle portait des pantalons de toutes les couleurs avec des kickers multicolores. On marchait dans la rue de Paris, on avait quoi 14 ans peut-être 15. Pour la première fois j'ai mis ma langue dans une bouche inconnue et j'ai ressenti une sensation de bien-être dans le bas du ventre. Je l'ai laissé devant son immeuble et je l'ai regardé monter les escaliers et franchir la porte en verre transparent de son immeuble. Je n'ai jamais embrassé de nouveau Christine, c'est un peu flou dans mon esprit. C'était presque la fin de l'année et nous ne nous sommes jamais vraiment revu. Sully Morland. Mon premier trajet quotidien ce fut gobelins sully morland. Quand j'étais jeune, oui vraiment jeune, sous giscard d'estaing, il n'y avait pas deux branches à la ligne 7. Dans un sens elle allait jusuq'a ivry et dans l'autre sens elle se terminait porte de la villette. J'ai pris très jeune le métro dès mon entrée en sixième, j'allais tout seul à l'école. Tout les jours. A mon entrée en sixième. Ca devait être à la fin des années soixante dix. Des dizaines d'années plus tard, je reprendrais a nouveau le même trajet, pas tout à fait mais presque. La sixième ce fut le début de mon cauchemar scolaire. Une suite d'échec, de ratages, de non réussite absolu. Je ne sais pas pour quelles raisons je n'ai jamais rien fichu à l'école, je crois que je m'ennuyais, déjà. On croit que la vie sera plus drôle une fois l'école terminé, que l'aventure commence, mais en fait, ça ne se passe pas ainsi. L'essentiel du reste de son existence s'avère un effort pour payer des factures grâce à un boulot sans intérêt. Je me souviens que nous laissions passer les métros avec mes camarades de classe pour prendre les nouveaux rutilants. Il suffisait d'appuyer sur un bouton au lieu de soulever le loquet comme sur les anciens wagons de la ligne 7. Belleville. J'aime belleville ménilmontant, ce n'est pas mon quartier d'origine. J'y suis venu tard, comme on vient à une femme qu'on découvre quand la vie est est déjà bien entamé. Comme je suis venu a toi, je me souviens. c'est comme qui dirait mon nouveau quartier. Il me regarde, je lui dis que je viens de la part de madame bidule. Il me semble un peu psychorigide. Je crois qu'il s'en fout surtout. Je suis en train de terminer un polar norvégien, le personnage principal est un alcoolique qui porte des docks, qui fait n'importe quoi, qui couche avec tout le monde et avec personne. Ça me rappelle quelqu'un. Au travail la bonne femme un peu allumée, me dit vous devez être d'origine viking, avec votre tête et votre physique. Elle me dit mon fils est un drogué. Elle doit avoir de la chance votre mère de vous avoir comme fils, elle en a de la chance elle me dit, vous êtes tellement sympa et formidable. Tu m'étonnes je pense, m'avoir comme fils c'est vraiment un truc chouette, faut juste avoir le coeur bien accroché, le portefeuille bien garni, et les sentiments assez discrets. Les douleurs esquissés un peu, la langueur monotone de ton corps, de son corps, de toi de moi de tout les autres. Nos lèvres qui se ne rencontrent pas, nos dents qui ne se heurtent plus. Il restera ça de ma vie, je ne me souviendrais pas de la moitié des filles avec lesquelles j'ai couché, des lèvres que j'ai embrassé, des corps que j'ai étreint. Il ne me restera rien de ma vie. C'est au métro belleville que je t'ai embrassé sur le quai du métro, et je me souviens comme les larmes coulaient sur les joues de ton existence. Nous sortions de ce restaurant pas cher qu'on appelle chez kiki mais qui ne s'appelle pas chez kiki. Il faisait nuit et tard, tu t'appellais Julie comme la moitié des filles nées au début des années quatre-vingt ou au milieu. La soirée agonisait je t'ai dis que j'étais désolé pour ta mère et tu continuais de pleurer et puis après tout je ne suis pas médecin mais je sens qu'elle pourrait guérir. Tu avais un jolie visage comme les aiment les garçons difficiles et il me semblait que tu avais les cheveux trop longs mais il me semble presque toujours que les filles ont les cheveux trop longs. Je crois que je ne t'ai jamais revu ou alors je ne m'en souviens pas. Tu es partie vivre en province je crois, ou peut-être bien que c'est moi. C'est un mystère pour moi que je me souviens de cette scène, je pense que c'était l'été car dans mon souvenir tu portais un tee-shirt des ramones et pas de veste par-dessus." L'homme parfois s'interrompt. Mais il semble parti pour écrire tout la nuit. Il semble ne jamais devoir s'arrêter, comme une frénésie qu'on ne peut arrêter.

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350 rue des pyrénées

Publié le par drink 75

350 rue des pyrénées

Un type cherche le 352 rue des pyrénées et la femme lui répond que ça n'existe. Le 354 c'est françoise dolto et le 350 c'est l'agence immobilière et l'immeuble mais l'homme n'en démord pas, il veut aller au 352. Personne ne sait pourquoi. Le 352 n'existe pas, ou peut-être que c'est l'accès pompier du collège françoise dolto. Les gens qui disparaissent dans le quartier, sont entrés au 352 rue des pyrénées. Cela a commencé il y a très longtemps dit un autre homme qui vient se mêler de la conversation. Ma propre femme, il éructe en serrant sa bouteille de vin rouge de piètre qualité. La femme avec laquelle il parle comprend qu'il n'a sans doute pas la lumière a tout les étages et se dépêche de laisser ces deux cinglés pour rentre dans l'immeuble du 350. Elle croise une femme dans le couloir qui lui demande si elle est au courant qu'il y a eu un assassinat presque en face, une jeune fille il parait, tué de manière sauvage, un peu a la guy georges dit la voisine d'un air entendu. La femme qui vient de pénétrer dans l'immeuble prend congé en se demandant si c'est la pleine lune et tout en montant les escaliers pour rejoindre son appartement se demande ce qu'est un assassinat a la guy georges. Elle demandera a son fils, c'est le genre de choses que les jeunes doivent savoir. Elle n'est pas depuis assez longtemps en france pour connaitre toutes leurs expressions, surtout dans le quartier. L'homme qui cherche le 352 tourne le dos au précaire alcoolique qui s'auto-alimente d'une logorrhée geignarde et regarde la vitrine de l'agence immobilière pour se donner une contenance et réfléchir. Ce sont les grilles le 352 il se dit, la sortie de secours du collège ou un truc dans le genre. Il comprend qu'elle s'est foutu de sa gueule la fille qui lui a donné cette adresse, déjà le numéro de téléphone n'était pas bon mais il pensait a une erreur, il est vraiment con il se dit, comment j'ai pu me faire avoir aussi facilement. L'adresse était bidon. Elle s'est foutue de sa gueule. Tu peux venir quand tu veux qu'elle disait. Il a l'air con maintenant avec son sac a dos, il voulait tellement partir qu'il s'est dit qu'il fallait tenter l'aventure, tu parles d'une aventure, il est comme un con maintenant. Il repart vers le métro pyrénées, il croise des élèves qui sortent du collège. Il se demande ou il va dormir. Il décroche son téléphone portable et cherche le nom de son cousin dans ses contacts. Il tourne le dos a la rue des pyrénées, il va dormir en lointaine banlieue, il est vraiment demeuré, il se dit, vraiment totalement demeuré.

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351 Rue des pyrénées

Publié le par drink 75

351 Rue des pyrénées

Un homme est assis dans un fauteuil de l'appartement sis au troisième étage du 351 rue des pyrénées. Une femme chante dans les enceintes "que veux-tu que je devienne si je n'entends plus ton pas". L'homme regarde la corde imaginaire qui se dessine devant ses yeux. Il se demande ce qui le pousse a continuer de vivre. Il se lève. Il prend dans son placard un camionneur gris avec une capuche. Comme chaque fois qu'il ne sent pas bien, il se décide a sortir pour marcher dehors. Sa boîte aux lettres dégueulent de prospectus. Il regarde les lettres debout dans le couloir de l'entrée, une lettre de relance, deux lettres de relance, trois lettres de relance. Il finit par tout jeter, il sait bien qu'il est au bord du précipice. Il devrait quitter cet appartement, squatter quelques mois pour se retaper. Il est déjà fatigué en pensant à l'énergie qu'il faudra. Il sort dehors, il va chez le marchand de journaux sympa qui est un peu plus loin, en allant vers le métro pyrénées. Il marche dans la rue des pyrénées, écoute le doux sanglot de la ville, se demande quand l'hiver va commencer si jamais il démarre un jour. Il attend des nouvelles de quelqu'un qui ne sait pas qu'il existe. Il relit un message sur son téléphone, la fille qui habite dans le nord le relance vaguement, elle lui donne rendez-vous chez cosette pour le soir, le rade en bas de la rue des envierges, il ne sait même plus s'il a baisé avec elle la dernière fois, elle était a poil dans son lit mais il n'a aucun souvenir d'un accouplement d'aucune sorte. Il achète libération comme tout les week-end, il passe au tabac un peu plus loin, achète un paquet de bastos et ressort dehors. Il reprend la direction de chez lui et finit par s'asseoir en terrasse au café des rigoles. Il se demande s'il ira ensuite acheter un peu de bouffe au chinois un peu plus loin, il lui reste des tickets restaurant autant qu'il les utilise, au boulot il ne mange plus. Toute ma vie a attendre un signe de vie de quelqu'un qui ne m'en donnera plus jamais. Ce serait une belle épitaphe pour sa tombe, il se dit, il aura attendu toute sa vie, non ça va pas, un truc sur l'attente c'est pas une mauvaise idée mais il faudrait qu'il y réflechisse. Un type lui fait un signe de la tête alors qu'il passe devant la terrasse, il ne sait même qui c'est mais il sent que le type le connaît. Il voudrait aller au cinéma mais ça fait tellement longtemps qu'il n'a pas été au cinéma qu'il ne sait même plus quoi aller voir. Il pense au traiteur chinois, la mère est sympa, mais c'est la fille qui le fascine, avec ce petit sourire en coin chaque fois qu'il entre dans la boutique. Il a envie de lui arracher sa blouse et de la baiser sur le comptoir entre le rice cooker et les nems aux crevettes. Il devient dingue il se dit. Il a envie d'acheter a boire mais il ne va pas le faire. Il devient tellement con. Et puis il ne supporte plus. Son corps part en lambeaux. Il relit un autre message et il comprend qu'il n'a pas rêvé. Une fille l'invite dans la ville de celle qu'il attends. Il s'imagine en train de se promener et tomber sur elle, nez a nez, au détour d'une rue de la vieille ville. Il se lève, il va rentrer chez lui, il passe devant le traiteur chinois mais ne s'y arrête pas, il passe devant le franprix mais ne va pas acheter a boire, il rejoint le 351 après avoir traversé la rue des pyrénées. Il fait un peu plus froid. Il croise un homme qu'il ne connait pas dans l'entrée de son immeuble. Il croise des gens mais il ne les voit pas. Pour l'instant en tout cas, il ne les voit pas.

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353

Publié le par drink 75

L'immeuble du 353 rue des pyrénées est coincé entre "a la bière comme a la bière" et "mister scooter". Un homme écoute le dernier album de mansfield tya qui s'appelle corpo inferno paru chez vicious circle et il répond a une fille qui lui a écrit sur le site adopteunmec point com au moment ou le duo chante en choeur "dans le monde du silence je m'emmerde". Au 353 rue des pyrénées dans un autre appartement une femme dépose dans une machine à laver un jean 501 de marque lévi's, un jean en cuir bill tornade, un tee-shirt de taille L du groupe effello et les extra-terrestres sur lequel est écrit je suis une loutre, une paire de chaussettes acheté par trois pour neuf euros quatre vingt dix neuf a h&m, un shorty noir, une paire de socks acheté chez macy's a pasadena, californie, une chemise mauve de chez celio, elle rajoute une dose de produit lessive de marque leader price acheté au franprix de la rue des pyrénées. Au 353 rue des pyrénées, un homme répète son rôle, il est acteur, il jouera dans quelques semaines, il ne répète pas, il apprend par coeur, bêtement, juste pour se mettre en bouche les mots, il apprend une des tirades principales de son rôle : "Mais mon petit bonhomme, vous savez que vous avez un toupet formidable. Oui je trouve formidable la manière dont vous faites les questions et les réponses, je trouve formidable que vous imaginiez des faits, que vous ne vous posiez aucune questions, que vos errances imaginaires n'aient point de place pour le doute. Ah ! La parole, la parole, les mots, ce ne devrait être que légèreté, que linéarité, que non-dit, que silence. Mais monsieur, cher monsieur, pauvre petit monsieur, la parole n'est pas ce moulin qui doit se déverser, ce n'est pas un flot qui doit recouvrer, non monsieur, la parole est un filet, une douceur extatique, un tout petit chemin. Je crois que vous vous trompez, les pensées ne doivent pas jaillir, répétitives et surannées. Vous êtes de ces gens pleins de certitudes, des étendards a bite, des staliniens mal fanés. Ce n'est pas la marée de mots qui rends la chose intelligente. Ce n'est pas ça, ce n'est pas du tout ça, non, non et non. J'ai envie de vous hurler mon silence monsieur, de hurler mon absence monsieur, de hurler encore et toujours." Au 353 rue des pyrénées, un homme ressasse et ressasse encore ce qui lui a dit la femme qu'il aime tant, Des conneries sur la joie du souvenir, ce genre de poncifs qu'on entend plus que dans les ténénovelas. Garde un bon souvenir, il faut passer a autre chose. Cette salope se faisait troncher par une autre bite oui, c'est juste ça, il était tellement furieux, tellement furieux, il voulait fracasser son poing contre le mur de son appartement, pour avoir mal, il voulait boire de la vodka pour se fracasser l'âme et avoir le courage de se fumer. Les conneries que les femmes faisaient avaler aux hommes, c'était à se demander si elle ne répétait pas ce qu'on voulait entendre. Pauvre débile se traitait l'homme. Au 353 rue des pyrénées, la femme faisait d'abord un café très fort.. Ensuite elle trempait les biscuits pour tapisser son plat. Elle faisait toujours deux tiramisu, un avec des biscuits champagne, l'autre avec des spéculoos. Chacun de ses fils avaient sa préférence. Ensuite elle versait la crème composait d'oeufs de mascarpone de sucre roux de sucre vanillé. Avant de recouvrir avec un nouvelle tapis de biscuits trempés dans le café bien fort. Le système des couches chère a la cuisine d'origine italienne. A la fin elle saupoudrait de cacao. Posait une assiette pour que le tiramisu prenne. Toujours préparer la veille c'était bien meilleur. Au 353 rue des pyrénées, un homme fait ses comptes et sait bien qu'il n'aura plus d'argent dès le 10 du mois. Il doit aller au lidl de la rue compans de l'autre côté de la place des fêtes pour dix euros il peut s'acheter des tonnes de pâtes et tenir le coup. Il paiera ses factures en retard, il est habitué. Il ne sort plus depuis longtemps, pas de cinéma, pas de sorties, plus de vie sociale. La vie est un mirage dont on ne revient. L'homme en est là. Au 353 rue des pyrénées.

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354 rue des pyrénées

Publié le par drink 75

Le 354 rue des pyrénées c'est le collège françoise dolto. Rendu vaguement célèbre car on y a tourné un film avec les élèves d'une classe qui a eu la palme d'or. Je n'aime pas l'école. Mon réalisateur français préféré qui habite a côté, amène sa fille parfois le matin. J'ai toujours détesté l'école, pourtant longtemps j'ai habité dans celle dont mon père était directeur. Passer toute sa vie dans une école, comme élève puis professeur, ça m'a toujours paru une hérésie complète. Je passe devant le collège françoise dolto presque tout les jours, je regarde les élèves qui attendent parfois, et je me souviens comme je vomissais l'école, j'en changeais tout les ans d'ailleurs, comme plus tard je changerais de ville, de métier, de vie, pour avoir l'impression d'exister. Je regrette parfois de n'avoir fait aucun effort à l'école, pas tellement pour avoir un meilleur métier, comme j'étais littéraire qu'est ce que j'aurais pu faire de mieux, professeur m'aurait rendu fou, peut-être libraire spécialisé en polar, un truc dans le genre, mais bon c'est pas tant pour ça, non ce que je regrette réellement c'est de n'avoir pas étudié pour mon savoir personnel, un peu de philosophie, un peu de sociologie, un peu d'histoire, enfin tout ces putains de domaine ou j'ai des carences. Béantes. J'ai jamais rien foutu à l'école, et comme j'étais pas un surdoué, j'ai foncé dans le mur, avec le sourire. J'avoue parfois, que je ressens une certaine fierté a n'avoir aucun diplôme, ça en jette un peu non, pour un fils de prof. Même pas le certificat d'étude a la fin de la troisième. Je ne sais pas comment j'ai fais vu qu'il le donnait a tout le monde. Le 354 rue des pyrénées c'est le collège françoise dolto, ça parait grand vu de l’extérieur, le matin parfois je croise le plus grand réalisateur français qui amène sa fille et qui en même temps promène son chien. La vie est un artifice, une esquisse qui mériterait de biens meilleurs croquis. Mais au fond peut-être pas. Au fond peut-être pas.

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355 rue des pyrénées

Publié le par drink 75

355 rue des pyrénées

Un homme qui a tellement bu pendant des années qu'il ne sait plus tout a fait comment il s'appelle, il se souvient de son père, il se souvient encore de la pologne, de la terre dure comme de la pierre en hiver, de la nuit qui tombait si tôt. Par la fenêtre de sa petite chambre du 355 rue des pyrénées, il attends l'hiver qui n'arrive pas. Un autre homme, une autre petite chambre, il n'y a que cela ici, des hommes et des petites chambres, des cabossés, des alcooliques, des perdus, des largués, des losers. Des vivants. Un homme est allongé sur son lit, il a envie de boire, mais il n'y a pas d'alcool, il faudrait sortir dehors, il faudrait s'éloigner un peu, il faudrait boire et rentrer au foyer sans que ça se voit, il faudrait se cacher, et c'est tout ce qu'il a fait toute sa vie, se cacher, se cacher des autres, se cacher de sa famille, être un étranger dans sa propre ville, être un fantôme dans sa propre vie, il se cachait toujours, il risquait sa vie. Ici les gens comme lui peuvent se marier, mais s'il ne se cache plus, il n'est plus tout a fait le même, il a été dans le quartier de paris fréquenté par les gens comme lui mais il ne s'est pas reconnu. Il n'a pas retrouvé ses amis dans cette exubérance, dans ces paillettes et cette musique hystérique, il a bien compris qu'il n'aurait pas les moyens financiers de sortir dans le marais, alors maintenant allongé sur son lit, il se souvient de ces amis, ceux qui sont morts, ceux qui se cachent, ceux qui sont en prison, ceux qui ont disparus. Un homme regarde les voitures par la fenêtre de sa chambre, il ne va plus pouvoir rester longtemps, il se demande si ses parents sont encore vivants, sans doute que oui, il faudrait qu'il retourne en Auvergne, il faudrait qu'il s'abaisse a s'excuser, il faudrait qu'il demande qu'on lui pardonne, il faudrait qu'il bosse avec son con de père, il faudrait qu'il bosse avec ses enculés de frères, sous le regard haineux de ses salopes de belles-sœurs, sous les quolibets de ses couillons de neveux et nièces, il ne pourra pas, il savait en partant qu'il ne rentrerait jamais, il savait bien que ce n'était pas possible, alors il se demande ou il va aller aprèsi, s'il va continuer cette fuite en arrière, cette fuite de son passé, de ce qu'il était. Un homme dans sa chambre, lit le journal. Il l'achète a Belleville, un journal de son pays, il regarde si l'on parle de son pays, il regarde s'il y a des nouvelles, tout a l'heure il ira téléphoner, juste avant de repartir travailler, depuis qu'il est ici, il ne fait que travailler, alors pour lui ici c'est bien, il peut dormir et se reposer, boire un café le matin a la machine, faire une petite toilette, il est bien ici, il ne pourra pas rester si longtemps, le type avec lequel il travaille dans le restaurant pourrait lui avoir une chambre pour pas cher, 500 euros pour 12 mètres carrés, la moitié de sa paye, ils pourrait partager, ils ne paieraient que 250 chacun, ensuite il pourrait envoyer 500 euros par mois a sa femme, et il lui resterait 100 euros pour vivre, de toutes façons il travaille tout le temps. Il se lève, sort de sa chambre, il descend l'escalier qui mène à l'escalier, il fait un signe de tête à l'éducateur de permanence, et il sort du 355 rue des pyrénées, ce foyer d'accueil qu'il devra bientôt quitter. Il s'éloigne vers le métro pyrénées, il s'éloigne vers son boulot, il est juste là pour ça, travailler. Juste la pour ça.

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356

Publié le par drink 75

J'entre dans le restaurant japonais qui est situé 376 rue des pyrénées. Je commande des brochettes. Je sors du 387 rue des pyrénées ou a lieu le crime de cette pauvre fille il y a trois jours. La morte 22 ans, une vie étudiante, une vie sans histoire, fille sérieuse comme dirait la mère, pas d'aspérité, même pas un joint dans son appartement, a peine de l'alcool, cette gamine c'est la petite maison dans la prairie. Elle connaissait son assassin, quasi certitude, pas de trace d'effraction pas de trace de lutte. 68 coups de couteaux, un vrai boucher, la plupart post-mortem. Une folie certes, mais une folie clinique, mesurée, pas tant de force que cela dans les multiples coups de couteaux, plutôt la marque d'un homme qui veut larder de son empreinte chaque parcelle du corps de sa maîtresse. Un flash alors que je bois directement au goulot ma bière japonaise, un amant plus vieux qu'elle. Le profil de la fille, pas de père, une fille sérieuse, le genre a sortir avec un homme mûr qui pourrait aussi être son papa. Classique. Louise 22 ans tu avais un prénom prédestiné pour sortir avec un homme plus âge que toi. J'essaie de libérer mon esprit, pour que tout vienne. Bordel, trouver une idée. Pas de petit ami, peu d'ami, une vie rangée auprès de sa mère, d'ailleurs elle est restée vivre près d'elle alors qu'elle quittait l'appartement familial. Pourquoi d'ailleurs ne pas rester vivre avec sa mère ? Éclaircir ce point. Personne n'a rien vu, rien entendu. Personne n'a jamais rien remarqué. Une femme j'ai demandé au doc, est-ce que ça pourrait être une femme ? Oui ça pourrait il a répondu. Une jalousie féminine ? Était-elle lesbienne ? Elle n'était pas vierge en tout cas m'a dis le doc, elle avait connu physiquement un homme. Peut-on connaitre physiquement une femme me suis-je demandé alors que j'ai eu une bouffée d'air pur, de violence, de désespoir, d'amour absolu, de désir incandescent comme chaque fois que je pense a la femme que j'aime et que je ne vois plus. Est ce que je t'ai connu autrement que physiquement ? Un homme âgé, peut-être marié, peut-être que c'est la femme de celui-ci ? Aucune piste rien. Un point commun avec toi c'est tout ce qu'on a pour le meurtrier m'a dit mon adjoint. Il est rouquin ? Non il est gaucher. Au moins il a donné tous les coups de couteaux de la main gauche. Il est peut-être ambidextre, j'ai dis, en me souvenant de ma mère qui après qu'on lui ai attaché la main gauche a l'école se servait un peu des deux mains. Je referme le dossier, rien, pas de piste. 3 jours que cette pauvre gamine est morte et pas de piste. Un crime de rôdeur. Non. Un flash. Pas un rôdeur. Elle connaissait le meurtrier. Un homme. 40 ans. Peut-être 50. Trouver son père. On doit retrouver son père. Je termine ma bière. Louise je vais trouver ton meurtrier. Je prends mon téléphone et je prends la direction du commissariat. Je compose le numéro de la mère de louise. Je dois lui annoncer que l'on va lui rendre le corps de sa fille. Je dois lui annoncer que l'enquête n'avance pas.

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358 Rue des pyrénées

Publié le par drink 75

Le dernier immeuble de la rue du côté des numéros pair. Juste au-dessus du primeur tenu par des asiatiques. Un homme écrit une lettre, a l'ancienne, sur du papier, un homme rédige une lettre mais il n'est pas sur qu'il l'enverra. Si en fait il est sur qu'il ne l'enverra pas. Une femme ne lira jamais cette lettre que l'homme écrit mais qu'il n'enverra pas. Il lui dit a quel point il pense a elle chaque seconde, il lui répète comme il pense que c'était sa femme et qu'il était a elle pour toujours. La femme ne recevra jamais cette lettre que l'homme écrit mais qu'il n'enverra pas. L'homme écrit jusqu’à la dernière seconde de ma vie, l'homme écrit qu'il pensera a elle jusqu'a la dernière seconde de sa vie, l'homme lui dit qu'au moment de mourir, au moment précis ou il mourra, l'homme lui dit que son dernier souffle sera pour elle mais la femme ne le saura jamais car elle ne lira jamais cette lettre que l'homme lui écrit mais qu'il n'enverra pas. Au fond personne ne mérite un pareil amour, ce n'est pas ce qu'il pense, il se persuade même du contraire, mais il sait qu'au fond personne ne devrait avoir le poids d'un tel amour sur les épaules. Alors il n'enverra pas le courrier, mais il lui écrit, chaque jour il lui écrit, parce qu'il doit rendre vivante cette femme qu'il ne reverra sans doute jamais. Il ne peut que continuer a lui écrire chaque jour, a lui écrire des lettres qu'elle ne recevra jamais, a lui écrire des lettres qu'il n'enverra pas. Chaque jour quand il rentre, l'homme s'installe a cette table, l'homme prend une feuille de papier et puis il écrit. Il écrit jour après jour comme l'amour pour cette femme est prégnant, comme il ne peut pas vivre sans elle, c'est pour cette raison qu'il écrit encore et toujours, car il ne peut pas vivre sans elle et comme il ne la reverra jamais, c'est la seule façon pour lui de rester en vie. Dans le dernier immeuble de la rue du côté des numéros pairs de la rue des pyrénées, il écrit jour après jour une lettre, jour après jour des lettres pour la femme qu'il aime et qu'il ne reverra jamais plus. Parfois quand il a terminé, après avoir rangé dans une chemise qui correspond au mois et a l'année ou il écrit la lettre, après avoir rangé cette chemise avec les autres chemises dans un placard prévu a cet effet, parfois donc quand il a terminé, il se poste devant la fenêtre de son appartement du premier étage et il attend, il croit parfois que cette femme qui ne le quittera jamais va apparaître et lui faire un signe depuis la rue de belleville. Il sait bien que ça n'arrivera pas, mais il croit parfois que cette femme lui fera signe. Lui fera un signe. Une dernière fois.

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357-359 Rue des pyrénées

Publié le par drink 75

Un seul immeuble qui regroupe ces deux adresses. Il y a eu le feu il y a un an ou deux. De sombres histoires de syndic véreux, de sous location de sous location. Plus d'ascenseur, plus d'eau, plus d'électricité. Ça va mieux je crois. Mais c'est de tout même des gens de peu, dans cet immeuble un peu vétuste, des locataires qui sont tous sur des cordes raides. Un homme trempe ses mains dans l'eau froide, il a coupé les cheveux de 30 personnes aujourd'hui, il n'a pas de papiers depuis 5 ans qu'il vit en france, il est entré comme touriste et il n'est jamais reparti. Il est en co-location avec un ami, un vague cousin. L'homme a mal aux mains, a force de couper des cheveux, a force de virevolter, il a aussi mal aux jambes. Il n'a pas de contrat de travail bien entendu, il n'a pas de papiers, son patron l'appelle parfois pour lui dire de ne pas venir, il ne peut rien demander, il ne peut pas se plaindre, il n'a pas de papiers. Il travaille tous les jours, six jours sur sept, du matin au soir, du soir au matin, sauf le dimanche. Il ne se plaint pas, il a toujours travaillé, toujours survécu, toujours vécu ainsi au jour le jour. Il se demande parfois ce qu'il serait advenu s'il était resté chez lui, auprès de sa mère, de ses frères, le pays n'était pas en guerre, le pays allait cahin-caha, on va dire. Après les attentats de paris, il a eu un peu peur de sortir, que les policiers lui demandent ses papiers, il est resté prostré quelques jours, son patron lui avait demandé de ne plus venir. Et puis il a bien fallu se remettre au travail, il n'avait plus de rentrée d'argent, il ne pouvait pas rester ainsi sans sortir de chez lui. Ce torrent qu'est la vie a recommencé, reprit son cours, comme un fleuve qui emporte tout sur son passage, la vie ne semble jamais devoir s'arrêter, elle continue inexorable jusqu'a ce que l'être humain, lui même a bout de souffle, demande grâce. Il écoute les gens auxquels il coupe les cheveux les sans papiers, la vie est bien loin de ce qu'en disent les journaux, la radio. Il est parfois presque fasciné, par les débats qui se déroulent en france, ces enculages de mouche pour des sujets qui ne concernent personne et qui n'intéressent personne, comme si au fond, la france vivait toujours pour mettre en avant des gens détenteurs d'un savoir inconnu qui assénait des vérités qui ne concernaient qu'eux. Il est fatigué, l'homme qui fait tremper ses mains dans une bassine d'eau, il n'a eu que le jour de l'an de repos, c'est comme si tout les hommes voulaient se faire couper les cheveux pendant les fêtes de noël. Il regarde la rue des pyrénées par la fenêtre, il a envie d'aller boire un café, de se reposer, il sait que l'hiver risque d'être un peu long. Il va continuer de couper des cheveux.

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360

Publié le par drink 75

360

Elle termine au 360 du coté des numéros pairs la rue des pyrénées, à l'angle de la rue de belleville. Après, de l'autre côté de la rue, c'est le dix neuvième arrondissement, les buttes chaumont, de l'autre coté c'est l'avenue simon bolivar qui s'en va vers jaurés. La rue de belleville qui délimite les deux arrondissements. Elle continue son irrésistible ascension pour terminer au plus haut point de paris, au métro télégraphe, il y a une plaque un peu plus loin pour le signaler. Il faudrait parler aux gens qui passent ici. Alcooliques, drogués, taulards. Il faudrait regarder la rue qui se termine ici, de ce côté, les visages fatigués, la nuit qui ne veut pas se refermer, la vie qui ne pas toujours germer. Ce n'est pas toujours facile, d'expliquer, pas toujours simple de raconter, ce n'est pas une sinécure, de regarder la vie qui presse, c'est juste de la littérature. Des mots qui vivent un peu, des regards las, des yeux vides, des cerveaux lessivés. La vie des corps, la vie d'ici, ceux qui sortent du métro, ceux qui entrent dans le métro, ceux qui traversent pour aller vers le métro belleville, ceux qui traversent la rue pour aller vers les buttes-chaumont, ceux qui traversent parce qu'après tout la vie de Paris c'est ce mouvement, c'est juste cela la vie de Paris, ce mouvement perpétuel. D'ici on voit la tour eiffel, sauf quand le ciel est bas, mais ici ce n'est pas bruxelles, le ciel n'est pas toujours bas, c'est vrai que parfois on ne voit pas la tour eiffel mais c'est juste quand il y a eu du brouillard. Quand la vie ne se lève pas, quand la ville ne se lève pas. Ici au 14 juillet, il y a du monde qui depuis l'intersection entre la rue de belleville et la rue des pyrénées regardent le feu d'artifice. La rue en devient presque piétonne. Bien entendu ce n'est pas le meilleur spot de paris, ce n'est la vue depuis le belvédère du parc de belleville, juste devant la mer à boire qui ne s'appelle plus la mer à boire, ce n'est plus devant le O paris qui avant s’appelait la mer à boire, il a encore changé de nom le rade, et le nouveau nom est encore plus con. Moncoeur belleville, n'importe quoi. Bref au bélvédère c'est la grande foule pour voir le feu d'artifice. C'est pas la même a l'angle belleville pyrénées c'est plus roots c'est des gens qui traînent là, qui s'arrêtent pour regarder. On dit aussi parfois, qu'a cet endroit précis, un fantôme déguisé en plus belle femme du monde, ou l'inverse, la plus belle femme du monde déguisée en fantôme danse dans la rue de belleville en regardant vers la tour eiffel, certains disent qu'elle descend a tout vitesse la rue de belleville sur un skate depuis la porte des lilas, je ne sais pas si c'est vrai, mais c'est comme souvent avec les histoires du quartier, l'important n'est pas de savoir si c'est vrai ou non, si ça peut exister ou pas, l'important c'est que certains en vivent, de cette mémoire, de cette vie qui trépasse. On va rebrousser chemin ainsi du côté des numéros pairs. On va repartir en arrière, on est des alcooliques après tout, on va repartir en arrière. On va y aller tout droit. On y va tout droit.

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