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Articles avec #crime rue des pyrenees tag

245 rue des pyrénées

Publié le par drink 75

 

Je viens a pied du commissariat, l'immeuble du 245 de la rue des pyrénées est a quelques dizaines de mètres. Je monte au deuxième étage assez rapidement comme si le macchabée qui m'attends en avait quelque chose a foutre. On peut le décrocher ? me demande mon adjoint en me disant que c'est un suicide, enfin il semble que ce soit un suicide. Je pense a louise, je ne suis plus vraiment sur l'affaire, les plus fins limiers du quai des orfèvres sont maintenant au chevet de l'affaire. Je continue de rendre visite a sa mère, elle me parle, je lui parle, nous nous parlons. Il y a une lettre ou l'homme pendu demande a sa fille de lui pardonner, visiblement il était très endetté, il dit que sa mort va tout résoudre, j'ai pas trop compris pourquoi ajoute mon adjoint alors que je me demande s'il a jamais compris que ce soit. Qui l'a trouvé je lui demande  ? Sa femme, elle est a côté, on a appelé un interprète, elle ne parle pas le français, elle ne parle l'anglais, elle est moldave. C'est comme du roumain, je dis, si tu parle latin tu peux t'en sortir. Les moldaves parlent roumain ? m'interroge mon adjoint avec un air aussi choqué que si je venais de lui proposer de l'enculer sans capote. Je vais dans la pièce a côté, une femme est prostré sur un petit canapé. Elle me semble beaucoup plus jeune que le type que l'on vient de décrocher. Elle pleure avec intensité comme seule les slaves en ont le secret. Je dis les quelques mots de roumain que je connais, elle ne semble pas comprendre. Je suis russe elle dit en anglais, enfin c'est ce que je comprends. Bordel ce nouvel adjoint je vais le tuer. At-kouda te ? je lui demande. Elle lève les yeux vers moi, elle semble vraiment jeune, je ne sais pas dans les 25 ans, le mec qu'on est en train de décrocher dans l'autre pièce a dans les 50 ans. Govori russky elle dit les yeux dans le vide. tchut' tchut' je réponds. Elle me dit d'ou elle vient. Mon adjoint arrive. Elle est bélarus je lui dis. Rien a voir avec le roumain, demande un traducteur de russe. Je m'assois près de la jeune fille. Je regarde la lettre manuscrite posé sur la table. L'homme dit qu'il ne faut pas que sa fille lui en veuille, qu'elle devra s'occuper de sa mère, qu'elles n'auront plus aucune dette. Elles devront vendre l'appartement et repartir vivre au belarus avec l'argent elles pourront bien vivre là-bas. La jeune femme pleure. Le téléphone sonne. Une très jeune fille débarque dans la pièce en hurlant. Une grande-mère qui pleure débarque a la suite de l'enfant. Le téléphone sonne toujours. Mon adjoint me regarde avec son air de chien battu. Je pense a louise. Le téléphone sonne toujours. Je pense a louise.

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259 rue des pyrénées

Publié le par drink 75

 

Je pénètre dans l'immeuble du 259 de la rue des pyrénées. C'est celui qui se trouve juste a côté de cette boutique faisant l'angle avec la rue orfila et qui change d'enseigne tout les 6 mois depuis que la clinique de l'aspirateur dont le nom m'a toujours fait sourire a fermé. J'ai mon adjoint aux fesses, lui aussi continue de penser que l'on va finir par trouver l'assassin de louise. Nous montons l'escalier jusqu'au deuxième et je frappe a la porte. Une femme, la petite soixantaine m'ouvre la porte, je l'ai vu a l'hôpital, c'est la mère de la meilleure amie de louise, elle s'efface pour nous permettre d'entrer dans son appartement. L'amie de louise nous attends, assise sur le canapé de la salle a manger. Je lui serre la main. Je n'ai pas revu Chloé depuis l'hôpital, son copain venait de décéder suite a une tentative de suicide. Il y a plus d'une semaine. Elle a été hospitalisé et j'ai renoncé a l'interroger. La meilleure amie de louise, peut-être la seule. Louise, louise, louise. Je la devine qui me sourit alors que je serre la main de la jeune fille, je la devine qui pleure alors que je m'assois sur le canapé, je la devine qui hurle alors que j'ouvre la bouche. Louise, je vais trouver ton meurtrier. Comment vous sentez vous je demande a chloé. Nous avons bien entendu tiré des conclusions hâtives quand nous avons découvert le suicide du petit ami de chloé, après tout peut-être était il amant de louise et c'est lui le meurtrier, rongé par la culpabilité. Après tout il avait peut-être assassiné louise qui allait tout révéler de leur liaison et il se suicide. C'est courant de sortir avec la meilleure amie de sa femme ou de sa petite amie. Très courant. J'ignore ce qui n'allait pas chez mon copain dit chloé, il a toujours été ainsi, vaguement dépressif. Je crois que sa mort n'a aucun rapport avec celle de louise. Comme un hasard elle ajoute. Peut-être est-ce un déclencheur, mais il n'y a pas de liens entre leurs morts. J'ai relu le dossier de la jeune fille, khâgne, hypokhâgne, étude brillante. Elle est jolie. Je comprends que mon adjoint la regarde avec un certain intérêt. Il aimerait consoler la veuve je me dis en rigolant. Je le laisse poser des questions tout en pensant a louise. Mes yeux se perdent dans l'horizon qui est assez réduit, puisque c'est l'immeuble de l'autre côté de la rue des pyrénées. J'entends louise qui m'appelle, je l'entends mais je ne comprends ce qu'elle me dit. Je reviens un moment a la conversation, chloé explique que louise ne sortait qu'avec des hommes plus agès qu'elle, comme si elle cherchait son père dans ses amants. Rien de nouveau je ne lui dis pas. Le visage de louise se dessine près de moi. Je suis loin de tout, je suis près de toi louise, je suis tout près de toi.

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283 rue des pyrénées

Publié le par drink 75

Je regarde le corps. Le sang dans la salle de bains. Le flingue. A priori un suicide commissaire me dit un adjoint, c'est sa copine qui l'a trouvé, le type était dépressif. Suivi par un psychiatre. Il a trouvé un flingue je me dis, ce qui n'est pas si facile, il devait être bien motivé le garçon. Je retourne dans le salon. Comme par habitude j'ouvre la fenêtre qui donne sur la rue des pyrénées. Je m'accoude a la balustrade de cet appartement du deuxième étage du 283 rue des pyrénées et je respire l'air vicié de la rue. Louise. Louise. Louise. Je ne pense plus qu'a louise. Je devrais être sur la trace de son meurtrier et je suis a compter les dépressifs qui ont réussi leur coup. On a emmené sa fiancée a tenon, elle n'était pas très en forme me dit une voix derrière moi. Ils étaient fiancées je réplique cinglant. Le troufion me regarde d'un air interdit. Je me doute qu'elle n'était pas en forme, elle venait de trouver son copain mort suicidé dans leur salle de bains. Ca doit surprendre. Je me dis que mon image ne va pas d’améliorer mais je m'en fous. Tout ce qui m'importe c'est de retrouver l'assassin de louise, et je traverse le petit appartement bien décidé a me débarrasser de cette corvée. Je vais aller a tenon interroger la veuve je dis a mon adjoint. Ou tu y vas, j'enchaîne. Vous allez rester ici au mileu de tous ces gens qui vous détestent et que vous méprisez a attendre un médecin légiste qui va faire des constatations basiques ? Je le regarde. C'est mon seul allié. Je vais être muter si je continue mes conneries. Déjà on m'a dessaisi du meurtre de louise, déjà je vois bien que je ne suis plus invité par le commissaire aux réunions qui comptent, mon tour est passé comme qui dirait. Il reste une demi-douzaine d'années a tirer avant la retraite, je pourrais peut-être demander ma mutation pour une ville de province quelconque. Près de la mer. Je vais aller aux urgences voire la veuve je dis. Oui inspecteur ce serai bien je crois, car ça pourrait vous intéresser. Il a son petit sourire, celui qu'il prend parfois quand il vient de découvrir quelque chose. Vous n'avez pas vu le visage du mort dans la salle de bains car il est allongé sur le ventre, mais vous reconnaitrez sa copine, vous les aviez interrogé tout les deux, il ajoute. Je le regarde interdit. C'était la meilleure amie de louise inspecteur, je l'ai tout de suite reconnu quand je l'ai vu avant qu'elle parte pour les urgences et lui aussi, sur les photos aux murs de la chambre, c'était la seule véritable amie de louise. Et son copain se suicide, je lâche, bon on va pas tirer de conclusions trop hâtives mais on garde ça pour nous. On lâchera l'info après que je l'ai interrogé, je dirais que j'ai fait le rapprochement en la voyant a tenon. Merci mon jeune ami je lui lâche, on se retrouve pour débriefer, j'espère que je vais pouvoir l'interroger. Elle est en état de choc, il dit, ce sera pas si évident. Je suis déjà parti pour rejoindre ma voiture qui est garé en face sur les places réservées au majorette électrique. Je suis avec toi Louise, ne t'inquiète pas, je suis avec toi. Tout près de toi.

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288 rue des pyrénées

Publié le par drink 75

288 rue des pyrénées

Je suis au 288 rue des pyrénées chez farid pour manger un tagine. J'ai invité la mère de louise. Je l'ai appelé pour la tenir au courant de l'enquête, en gros pour lui dire que j'en avais été écarté et que je n'avais pas de piste. Je ne sais pas ce qui m'avait pris de l'inviter a manger. Je la retrouve en bas des trois marches qui permettent d'arriver au restaurant. En l'attendant j'ai fumé une cigarette après en avoir offerte une au sdf polonais qui est assis un peu plus loin vers le salon de beauté et que je salue presque tout les soirs en rentrant du commissariat. Curieusement le 288 est après le 288 bis, j'avais jamais remarqué, normalement le bis ou le ter est après le numéro auquel ils correspondent. La le 288 est entre le 290 et le 288 bis, c'est pas logique. Il va falloir que j'ouvre une enquête je me dis. C'est a peu près de mon niveau je ricane. La mère de louise arrive, elle semble toujours au bout du rouleau, comme grillé de l'intérieur, mais c'est peut-être son physique très fin qui donne cette impression. Elle se demande pourquoi sa fille a été sauvagement assassinée et je sais qu'elle est hantée la nuit par ce meurtre, je sais qu'elle a du mal a trouver le sommeil. Je lui serre la main et je m'efface pour qu'elle monte les marches qui débouche sur la porte du restaurant de farid. Celui-ci ouvre la porte et nous installe, limite obséquieux, il me fait un clin d'oeil car il croit sans doute que c'est ma nouvelle conquête. Un apéritif pour cette charmante dame et pour monsieur le commissaire, il demande. Je ne suis pas commissaire je ne réponds pas. Je suis plus grand-chose. Je picole de plus en plus, le meurtre de louise me hante moi aussi, ne trouver aucun indice me hante moi aussi, ne pas avoir de pistes me hante moi aussi. Je l'écoute pendant le repas, elle a décliné l'apéritif, je bois un peu de vin, elle parle, elle me dit qu'elle est comme morte. Elle ne veut pas se complaire dans sa douleur, elle dit que sinon elle peut se suicider, mais non elle me dit qu'elle va continuer a vivre pour sa fille, pour sa mémoire, qu'elle aidera les autres. Je n'ai pas besoin de lui servir mon petit laïus, elle me dit que je dois faire mon deuil, moi aussi. Elle dit qu'on retrouvera peut-être un jour le meurtrier, elle me remercie d'avoir toujours été franc avec elle. J'ai envie de la prendre dans mes bras, j'ai envie de la serrer contre mon coeur, j'ai envie de la déshabiller, j'ai envie de la baiser la tout de suite sur une table du restaurant. Après le repas, je la ramène jusque chez elle, un peu plus loin sur la rue des pyrénées, au niveau des escaliers qui descendent place krasucki et de la place des grandes rigoles. Elle me serre la main et me remercie, j'ai envie de l'embrasser, je la regarder qui pénètre dans son immeuble et qui ouvre la porte de l'interphone. Puis elle disparaît et je reprends ma route vers le métro pyrénées, vers l'appartement de louise, vers l'appartement de la jeune fille morte.

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294

Publié le par drink 75

Je m'attable au bistrot qui fait l'angle avec la rue de l'ermitage. Mon ancienne cantine. Je mangeais chez le turc au moins une fois par semaine. Mais il a été racheté par le rade d’à coté. Les proprios sont les frères qui ont le rade qui fait l'angle place des rigoles. Je demande une pinte vu que c'est l'happy hours et que c'est 3 euros la pinte. Et 50 cents. Il me manque le turc, sa bouffe, et lui aussi. Il faudrait que je passe dire bonjour a sa femme qui tient la boutique de reprise de couture a jourdain, je sais qu'il cherche une affaire, aux lilas. Les cauchemars se font de plus en plus présents, j'ai rêvé de louise presque toute la nuit. Je rêve de louise presque toute les nuits. Je m'occupe d'autres affaires maintenant, il y a presque un mois que Louise est morte et une autre équipe est sur le coup. La mère de Louise m'a appelé, je lui ai expliqué qu'il fallait un oeil neuf sur l'affaire, que la nouvelle équipe sur le coup était très compétente. Nous avions l'air un peu crétin l'un et l'autre a l'autre bout du fil, ne sachant trop quoi dire, comme s'il restait quelque chose en suspens. Je lui ai dit que je continuerais de m'occuper de l'affaire. Ce meurtre était quand même le plus gros échec de toute ma vie d'enquêteur. Pas un suspect. Pas une piste. Rien. On avait arrêté tout les débiles du quartier - c'est pas ce qui manquait dans le coin - mais on avait pas la moindre piste. J’assèche rapidement ma pinte. Cette affaire me hante. Louise me hante. Sa mère me hante. Je reste ainsi, songeur, buvant ma bière a la terrasse de mon ancienne cantine au 294 de la rue des pyrénées. Comme absent du monde. Absent de tout.

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300 Rue des pyrénées

Publié le par drink 75

Je passe au tabac et j'achète deux paquets de cigarillos et du tabac a rouler. La jeune vendeuse chinoise me donne du commissaire entre chaque phrase, bonjour commissaire, comme d'habitude commissaire. Le gérant du café tabac qui ressemble a un gamin, chinois lui aussi, me prépare un demi. Je dépose un peu de monnaie sur le zinc alors qu'il me dit non commissaire, c'est offert. Je hausse les épaules. Le jeune couple croit toujours que c'est grâce a moi qu'ils ont eu certains papiers qui leur facilite la vie. Je prends mon picon bière et je sors dehors ou je m'allume un cigarillos. J'habite la, au 300 rue des pyrénées. L'affaire n'avance plus. Je commence a me demander si je suis réellement a la hauteur. Je bois une gorgée de picon. Je classe et reclasse encore tout les éléments dont je dispose sur la mort de Louise. Pourquoi est-elle morte ? Pas de réponses. Est-ce qu'il y a un mobile ? Pas de réponses. Quelqu'un en voulait a Louise ? Pas de réponses. Un petit ami : négatif. Une vie secrète : négatif. Des amis : négatif. Des ennemis : négatif. Je bois une seconde gorgée de mon picon, tire sur mon cigarillos. Une ambulance toute sirène hurlante passe en direction de la rue de belleville. Une femme qui tient un téléphone dans une main et qui dirige une poussette de l'autre main explique dans le combiné en parlant fort que ce n'est pas possible de continuer ainsi. Qui es-tu Louise. Tu avais peu d'amis, tu avais peu de passion. Ta famille c'était ta mère. Tu semblais effacée, discrète. Je descends une troisième puis une quatrième gorgée de mon picon. Un autre verre commissaire me demande le jeune serveur chinois. Négatif je réponds alors que dans ma tête je souligne que je suis capitaine. Je me demande pour quelles raisons Louise avait quitté le domicile de sa mère. Après tout, son petit appartement était impersonnel, elle habitait près de chez sa mère. Souvent elle allait chez sa mère. Elle ne recevait pas. J'ai l'impression d'une incohérence. Il faut que je trouve un fil. Pourquoi prendre un appartement seule si c'est pour passer tout le temps chez sa mère, avec cette dernière ? Elle connaissait son meurtrier c'est certain. Aucune trace de lutte. Je finis mon picon. Cette histoire me rend dingue. Chaque soir je m'endors en devinant le visage de Louise. Chaque soir. Chaque matin je me réveille en devinant le visage de Louise. Chaque matin. Je me lève, je fais un signe au patron du bar tabac et je rentre dans mon immeuble au 300 rue des pyrénées.

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315 rue des pyrénées

Publié le par drink 75

J'ouvre les yeux. C'est quoi cet appartement, c'est quoi ce lit ? J'ai trop bu et il me faut quelques secondes pour comprendre que je suis chez une de mes pseudos maitresses, depuis que la seule femme que j'aimerais réellement dans ma vie est partie, je passe des nuits dans le lit de femme accueillante. Nous sommes au 315 rue des pyrénées, un peu avant le carrefour avec la rue de ménilmontant. J'ai trop bu la veille puis je l'ai appelé, dans un de ces moments ou la solitude me givre le coeur et le corps. L'affaire est en train de m'échapper, je n'ai plus aucune idée, l'affaire est en train me bouffer le cerveau. J'ai lu et relu tout le dossier pendant le week-end. Chez moi, j'ai revu chaque photo, tourné chaque page du dossier. J'ai vu le visage de louise, j'ai vu les plaies sur le corps de louise, j'ai vu la douleur dans les yeux de louise, j'ai vu la mort sur le visage de louise, j'ai cherché encore et encore, j'ai lu encore et encore, j'ai relu encore et encore, j'ai essayé de trouver encore et encore. La femme bouge un peu dans le lit, je me lève et me rends dans le salon pour récupérer mon paquet de clope. Dans la cuisine j'en allume une alors que je fais couler le premier café de la journée. Il n'est pas six heures du matin mais je sais bien que je ne dormirais plus, je sais bien que ma nuit est terminée. Je regarde le jour qui se lève par la fenêtre, la rue des pyrénées qui se lève, des camions déchargent leur marchandise dans le petit matin pour le supermarché d'en face, je devine la silhouette de louise qui rentre chez elle, je devine la démarche de louise un peu ivre après une nuit a danser et boire, je voudrais ouvrir la fenêtre et la héler dans la rue, j'aimerais la rejoindre et la protéger, j'aimerais l'aider a rentrer chez elle. Je ferme les yeux. Je sais que louise va me hanter jusqu’à ma mort, je repense aux photos. Je n'arrive pas a l'oublier. Je n'arrive pas. Je vais retourner chez elle, je dois trouver son meurtrier. Je dois trouver ton meurtrier.

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330 Rue des pyrénées

Publié le par drink 75

330 Rue des pyrénées

Nous pénétrons au 330 rue des pyrénées, la minuscule entrée de l'immeuble prise en sandwich entre le restaurant africain et un magasin d'optique. Je continue encore et encore a sillonner le quartier, même si l'enquête n'avance pas, il est question qu'on me retire l'affaire. La veille j'ai été voir la mère de louise et je lui dis que je cherche et que je chercherais encore et encore. Je monte les escaliers, mon adjoint me suit, il ne me parle pas depuis que nous avons quitté le commissariat, il a comprit que ce n'était pas le jour, que je n'étais pas d'humeur. La veille j'ai tellement retourné l'affaire, tellement étudié le dossier, j'ai regardé chaque photo, lu chaque mot de tous les rapports, et je n'ai rien trouvé. A la fin de la soirée, j'ai bu une bouteille de whisky et le cd qui passait sur ma chaîne était terminé depuis des heures. Le juge m'a parlé d'un oeil neuf, le commissaire m'a parlé d'un oeil neuf, tout le monde semble comme interdit que nous n'ayons pas le plus petit début d'une piste. Il a un sourire narquois quand il ouvre la porte. Je n'ai pas appelé pour le prévenir mais c'est comme s'il m'attendait. Commissaire, il entame, capitaine je corrige, mais entrez donc, il glousse en s'effaçant pour nous laisser entrer avec mon adjoint. Trois minutes plus tard, nous sommes tout les trois assis autour de la petite table de son misérable deux-pièces, en même temps les prix sont tellement fous a paris que ce taudis qui n'est plus entretenu a la même valeur qu'un beau trois-pièces dans moult ville de province. Il me verse un café dans une tasse crasseuse et je lui dis que je constate qu'il a toujours l'argenterie de sa pauvre mère. Elle est morte depuis combien de temps déjà, cette femme qui a passé sa vie a se tuer au travail pour racheter les conneries de son fils ou pour qu'il puisse cantiner en prison. Alors maurice, quelles sont les nouvelles ? je demande en trempant les lèvres dans le café qui a ma grande surprise s'avère plutôt bon. Il hausse les épaules et me dit que c'est la crise. Il doit toucher une retraite maintenant, il devrait vendre cet appartement et s'acheter un petit appartement dans une petite ville de province, il vivrait peinard, mais non, il va mourir ici, il n'a toujours vécu qu'ici, j'ai connu son père, un sacré loustic aussi, quand je pense a sa mère, a ce qu'elle du supporter avec les deux branquignols que malheureusement pour son matricule elle aimait, j'ai une bouffée d'amour pour elle. J'ai pas d'alibi capitaine pour cette pauvre petite mais croyez moi j'y suis pour rien. Je ricane. Je sais bien que tu y es pour rien, tu verrais le spectacle, une vraie boucherie, du sang, des viscères, des dizaines et des dizaines de coups de couteaux, je sais que tu n'aurais aucun scrupule a voler le sac d'une petite vieille pour lui piquer 10 euros, mais tu es le genre a tourner de l’œil quand tu t'érafles le doigt. Mon adjoint semble dépité. Il ne connaissait pas maurice, il croyait quoi, que c'est le fils caché de mesrine et de marie besnard. Non c'est un petit truand de quartier sans aucune envergure et avec le charisme d'un aspirateur. J'aimerais juste savoir si tu as entendu quelque chose, j'embraye, il ne semble pas qu'il y ait eu vol mais on ne t'a parlé de bijoux a refourguer, ou ce genre de choses. Je suis a la retraite capitaine, me lance ce con de maurice d'un ton sentencieux. Je devrais toucher 300 balles vu que j'ai été souvent retenu derrière les barreaux, mais royalement la société française m'attribue le minimum vieillesse, je palpe mes 800 biftons par mois, alors vous savez je dis pas que parfois j'ai pas un tuyau pour jouer au tiercé, ou même qu'on me demande mon avis sur une table ancienne ou une petite bagouze qu'une personne aurait trouvé dans la rue, mais je suis hors service maintenant,le trafic de drogue, le meurtre, c'est pas mon rayon. Je termine le café, je suis presque sur le point de finir son petit laïus en disant amen tellement c'est émouvant. Qu'est ce qui se dit au café du coin entre deux courses de canasson, je lui demande. C'est pas un type du quartier, il répond.. Avec tous les zonards qui trainent dans le coin. Entre les étrangers, les tarés en liberté, les drogués, vous avez le choix. Vous voulez que je vous dise capitaine, même moi j'ai peur de sortir le soir, c'est devenu dangereux ici, la rue des rigoles c'est bagdad, je reste pour honorer la mémoire de mes parents, mais j'ai peur capitaine. Je ne t'ai pas demandé ton programme de candidat front national pour les prochaines élections maurice, je te demande si tu as entendu quelques chose sur ce meurtre ? Tout le monde pense que la fille a rencontré un type dans un café, il répond, les jeunes filles de maintenant elles n'aiment que les zonards les drogués et les chevelus. Comment elles disent, les bad boys ? Le gars a dû péter une durite et il a massacré la gamine. C'est pas quelqu'un du quartier capitaine, c'est une ordure du dix-huitième ou du dix-neuvième mais pas un gars de chez nous capitaine. Dans le vingtième on est pas des sauvages ! Vous savez capitaine, on aurait jamais du accepter le rattachement de ménilmontant a paris, on était bien mieux entre nous. Plus tard, dans la voiture mon adjoint me demande si c'est utile d'interroger ce genre de bras cassés. On est tellement dans la semoule je dis, il va falloir se taper tout les crétins du quartier, ils sont nés ici, ils ont toujours vécu ici, on ne sait jamais. Je commence moi-même a douter que je retrouverais ton assassin louise, je vais essayer je te promets, je vais tout essayer. Je te promets.

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343 Rue des pyrénées

Publié le par drink 75

343 Rue des pyrénées

On s'est un peu emballé me dit l'inspecteur, c'est un taré qui frappe sa femme mais je crois pas que ce soit ton type. Commissaire vient me dire un type en civil, je suis pas commissaire je suis capitaine je lui réponds, pourquoi tout le monde vous appelle commissaire il embraye ce con, je hausse les épaules parce que c'est une longue et pénible histoire et que je ne vais pas la raconter maintenant. Tu veux quoi je demande au collègue de la maison poulaga. Capitaine, vous souhaitez voir le gars avant qu'on l'embarque ? Il est dans la pièce a côté. J'entends la sirène des pompiers qui s'éloigne, sans doute en direction de l'hôpital tenon à moins que ce soit en sens inverse vers lariboisière. Elle va s'en sortir ? je demande a l'inspecteur. Pas sûr, il réponds, hémorragie interne. Je vais dans la pièce ou le type a les menottes aux poignets et est assis sur une chaise, encadré par deux flics en uniforme. Vous êtes le mari ? je demande. Il hoche la tête et me regarde presque avec un air de défi et j'ai bien envie de lui fracasser la gueule a coups de poings mais je prends sur moi comme chaque fois et je me dis qu'il faut absolument que je retourne a la piscine pailleron aligner les longueurs pour canaliser la fureur qui m’imprègne depuis quelques temps, depuis que j'ai compris qu'elle ne reviendrait jamais. Je sors de la pièce. Il y a un sacré bordel dans l' appartement et je ne crois absolument pas que le demeuré qui est dans la pièce d'à coté puisse être le meurtrier de louise. Vérifiez son alibi mais je suis presque sur que ce n'est pas lui je glisse a l'inspecteur. Je sors du 345 rue des pyrénées et je franchis le petit groupe de badauds qui semble attendre comme pour faire signer des autographes aux vedettes a la sortie d'un spectacle. Je m'allume une cigarette devant le 343, je me souviens qu'il y a quelques années, c'est juste ici ou au 341 peut-être qu'un représentant des tigres tamoul s'est fait assassiné. Il y a un sit-in chaque année place du guigner juste en face. Je me demande pourquoi le 343 rue des pyrénées me parle. Une vieille affaire sans doute. Le type qui a frappé sa femme a mort sort encadré par des policiers en tenue. Ils l'emmènent ensuite en voiture vers le commissariat du vingtième juste avant la place gambetta. L'inspecteur sort de l'immeuble et vient me rejoindre devant le 343 de la rue des pyrénées. Ce type est un connard, c'est clair, il a fracassé sa femme et il n'a pas appelé les secours, ce sont les voisins qui nous ont prévenu, il m'explique. Je me demande si elle va s'en sortir et même dans ce cas-là; je ne suis pas du tout sur qu'elle porte plainte. Ce gars va s'en sortir si ça se trouve. Je regarde au loin. Ces gars la s'en sortent toujours d'une certaine façon. Je regarde au loin vers le bout de la rue des pyrénées, il souffle un peu de vent, alors que le ciel anthracite se pare d'un léger voile de gris, je pense a louise, je pense a sa mère, je pense a son assassin. Je décline l'offre de l'inspecteur de me ramener au commissariat et je me dirige vers l'appartement de la jeune fille assassinée dans la rue des pyrénées couleur sang.

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347 rue des pyrénées

Publié le par drink 75

Je sors du tabac rue des pyrénées et j'allume ma clope. Je m'assieds en terrasse et je demande a mon adjoint si ce n'est pas en face qu'un sri lankais s'est fait assassiné il y a quelques années. Non au 341 il me dit en envoyant son regard un peu après l'arrêt de bus du 26, en direction de l'immeuble qui se trouve juste avant le croisement de la rue de l'ermitage, juste avant le bio c'est bon. Bordel je me dis il y a un type qui a été payé pendant des mois pour trouver le nom de cette nouvelle chaîne, bio c'est bon ! Ça fait un peu flipper la rue des pyrénées je dis a mon adjoint, il n'y a plus que des trucs de bien être ou des trucs bios. Il y a pas mal de cave a vin qui ouvrent aussi il remarque. C'est vrai je réponds, un peu plus loin sur la place du guigner, la brocante de meubles a été remplacé par une cave a vin ou on peut aussi picoler et manger de la charcuterie hors de prix. Juste a côté, ma cantine turc a fermé depuis presque un an et je m'en remets toujours pas, je comprends qu'il vende pour pouvoir enfin se reposer mais je n'ai plus nulle part ou aller. Des employés de la mairie installent les étals pour le marché du guigner du dimanche. Je redemande un second café au serveur tout en écrasant ma cigarette dans le cendrier. Des "vogue bleue" me dit mon adjoint vous fumez vraiment des cigarettes de gonzesses, commissaire. Je suis une gonzesse je lui réponds. J'ai envie de boire mais je sais bien qu'il est trop tôt. Une semaine que louise a été assassinée. Nous sommes tellement largués que nous en sommes a rendre visite a des victimes du quartier d'agression pour tenter de trouver une piste. Nous sortons du 347 rue des pyrénées ou nous n'avons pas retrouvé la jeune fille qui avait porté plainte il y a plus de 2 ans pour tentative de viol. Elle serait retournée en province d'après un voisin. Qu'est ce qui n'est pas cohérent dans cette histoire je demande a mon adjoint. Qu'est ce qui ne va pas ? Qu'est ce que nous n'avons pas vu ? Le serveur dépose la tasse de café sur la petite table et embarque celui que je viens de finir. Il y a une incohérence dit mon adjoint alors que je pense a la femme que j'aime. Entre les souvenirs d'elle et l'alcool j'ai une certaine tendance a me faire souffrir. Mais je ne peux m'empêcher de retourner en pèlerinage pour me souvenir de ce qui me rendait vivant. J'ai un désir hallucinant de la serrer dans mes bras, de la pénétrer et de jouir en elle. Elle connait son assassin, elle le fait entrer. Ensuite il la tue, ça ressemble a un crime passionnel, elle voulait le quitter, ou ils se sont engueulés on ne sait pas, mais ils se connaissaient, aucune trace d'effraction aucun cri, et la sauvagerie avec laquelle il l'a tué, ce nombre de coups de couteaux hallucinants de plus post-mortem, tout nous mène a un crime passionnel. Et ? j'interroge en espérant qu'il va avoir la même conclusion que moi. Et il n'y a aucune trace. Ce type était recouvert d'une combinaison en plastique, aucune trace adn, aucune fibre, pas de salive, toutes les surfaces nettoyées a l'eau de javel, comme si tout était planifié, prévu. L'inverse absolu d'un crime passionnel. Il y a un truc qui ne va pas. Le gars a du passer la nuit dans tout l'appartement pour ne laisser aucune trace, il est parti au petit matin. Je vais regarder a nouveau toutes les caméras du quartier, mais aussi celles des banques, les caméras des bus, du métro. Les taxis n'ont rien donné enchaine mon adjoint. A la réunion de lundi je vais me faire allumer je constate. Je termine mon café, il fait moins froid aujourd'hui, j'essaie de ne penser qu'a louise, de trouver ce qui ne va pas dans toute cette affaire. Il y a une incohérence dans toute cette histoire. Je regarde en face, plutôt vers la droite, j'essaie de penser a louise, de juste penser a elle, même si tout mon corps va vers une autre, même si mes pensées vont vers une autre, même si mon coeur bat pour une autre.

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