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Articles avec #errance tag

238 rue des pyrénées

Publié le par drink 75

 

Au 238 de la rue des pyrénées, un homme attends devant l'immeuble. Il ne connait plus son nom, il ne sait plus ou il vit, il ne se souvient de rien. Il regarde l'immeuble du 238 de la rue des pyrénées mais il ne se souvient de rien. Il boit une gorgée de rosé mais il ne se souvient de rien, il regarde l'agence immobilière mais il ne se souvient de rien, il regarde la boutique qui vend des bagues et des boucles d'oreilles qui semblent d'inspiration bretonne mais il ne souvient de rien. Il regarde les piétons qui viennent d'une direction, mais il ne sait pas d'où ils viennent, il regarde les piétons qui viennent de l'autre direction, mais il ne sait pas d'où ils viennent. Et ou ils vont ?  Il boit un verre de rosé. Un vin dégueulasse qui fait mal au ventre, un rosé qui fait des trous dans tout l'estomac. Il ne se souvient de rien sauf de ce jour ou son téléphone a sonné pour annoncer que la femme qu'il devait épouser était morte, il ne se souvient de rien sauf de ce téléphone qui sonne. Il ne se souvient de rien. Sauf de cette femme qui est morte, tellement plus jeune que lui et pourtant elle est morte. On dirait que le ciel gronde, on dirait que la nuit tombe, on dirait qu'il ne se souvient de rien. Sauf de sa future femme qui est morte.

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248 Rue des pyrénées

Publié le par drink 75

 

Un homme est assis devant la petite porte du 248 de la rue des pyrénées, il boit une canette de bière. La porte ne s'ouvre jamais, il semblerait que ce soit une entrée de la poste du 250 de la rue des pyrénées. Cet homme assis sur les marches c'est toi dans quelques années, quand tu n'auras plus rien, quand tu ne seras plus rien. Un homme est assis, il vieillit, il commence a sentir mauvais, il a un peu de barbe, ses vêtements sont fatigués. Il attends un peu de rien, beaucoup de tout. Boire quelques gorgées de bière, c'est toi qui te voit, en train de boire une canette de mauvaise bière, c'est toi qui te voit assis sur une marche de la poste de la rue des pyrénées. C'est arrivé, soudain, ou petit a petit, c'est arrivé. Un jour ce ne sont plus des lettres, un jour ce ne sont plus des menaces, un jour on te dit qu'il faut partir, un jour on te met, un jour tu es dehors. Errance sans alibi, assis sur les marches du 248 rue des pyrénées, il ne te reste plus qu'a boire quelques bières, il ne te reste plus qu'a rester assis, ainsi, parmi les vivants et les morts, il ne te reste plus qu'a rester assis. Boire des bières et attendre le néant, même pas la mort, juste le néant. Il ne reste plus qu'a rester assis.

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251 Rue des pyrénées

Publié le par drink 75

 

 

Tu sais je suis a cet endroit ou l'on faisait la manche tout les deux et tu ne te souviens pas mais c'était tellement bien parce que nous étions deux, et je crois bien que peu a peu tout s'efface et que j'aimerais encore et encore continuer a te bercer près de moi, près de la place gambetta et tu t'endormais dans mes bras malgré le froid je crois parce que tu n'étais pas vraiment d'une grande aide et que tu ne savais réellement faire la manche, tu ne savais pas crever de faim puisque tu ne crevais pas de faim puisque tu n'avais jamais faim putain et je me souviens comme nous étions unis, comme nous étions toi et moi et je sais juste que je n'oublierais pas, que je ne saurais pas quoi te dire ou quoi ne pas te dire mais je me souviens de toi chaque jour de ma vie, je me souviens de chaque seconde près de toi, tes murmures, tes halètements et tout ton corps contre moi, et tes petits seins qui tressautaient alors que nous voulions nous endormir, et je ne veux que me souvenir de cela, de moi, de toi, et toi émoi, de tout ce qui n'arrivera pas, de tout ce que nous ne sommes plus, j'espère te revoir mais je sais bien que ça n'arrivera pas, j'espère la revoir mais je sais bien que ça ne se peut pas...Tu sais je suis a cet endroit...

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255 Rue des pyrénées

Publié le par drink 75

 

Tu sors du U express qui se trouve au 255 rue des pyrénées a quelques jets de la place gambetta. Tu as acheté une brick de sangria qui ne vaut pas deux euros et qui te permettra de te bourrer un peu la gueule sans trop dépenser d'argent. Les bricks de sangria c'est meilleur que le mauvais vin. Le jour est froid, nous sommes dimanche soir, il n'y a plus grand-monde dans la rue, tu aimes bien trainer au père lachaise en rentrant par la rue des rondeaux mais en hiver a 6 heures du soir, le cimetière est fermée. Pour toi le père lachaise n'est pas un cimetière mais un parc. C'est d'ailleurs le plus grand espace vert de paris intra-muros. Tu ne sais plus trop quoi faire ni trop ou aller. Tu ne sais pas. Tu croises des gens que tu ne connais pas, tu effleures des âmes qui ne te parlent plus. Boire un verre dans le sangria dans ce dimanche plus si froid. Se frotter les mains l'une contre l'autre comme pour se donner du courage. Tu traînes encore et encore dans la rue des pyrénées, tu retournes a gambetta, tu retournes vers le métro pyrénées, tu redescends jusqu'à maraîchers ou cours de vincennes. La douleur vient toujours un peu plus tard, quand tu ne sais plus ou es ton amour, ou es ton âme, c'est dans ces moments précis ou l'alcool te ramène en arrière, vers ta vie oubliée, en direction du néant. Tu bois encore pour t'endormir, tu bois encore et encore, car c'est tout ce qu'il te reste, car c'est tout.

 

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260 Rue des pyrénées

Publié le par drink 75

 

Il y avait un squat au 260 rue des pyrénées. Cette soirée a ou tout le monde se parle, ou tout le monde picole, cette soirée ou les visages se succèdent, ou les alcools se succèdent, ou l'on oublie peu à peu, ou les visages disparaissent, ou les alcools se succèdent, de la musique dans les oreilles, les alcools se succèdent, des danses de plus en plus enivré dans le salon, des souvenirs qui s'estompent, et des alcools qui se succèdent. Je me souviens vaguement je parle avec une fille dans le jardin et qu'elle m'embarque dans les toilettes et qu'on sniffe un petit rail de poudre blanche sur la lunette des chiottes, je crois que c'est le seul vague souvenir que j'ai de cette soirée. Et aussi des éclairs ou je danse, enfin disons plutôt ou j'agite mon corps sur des rythmes et des sons que je serais bien en peine de reconnaître aujourd'hui. Je me souviens aussi que ma copine de Montreuil me dit que je vais venir dormir chez elle car je suis dans un état vers les 4 heures du matin ou je ne pourrais pas rentrer chez moi. Et puis elle ajoute tu es trop bourré aucun taxi ne voudra t’emmener. Je n'essaie plus de prendre un taxi a paris de toutes les façons. Ils ne veulent jamais de toi. Soit c'est trop loin, soit c'est passez loin, soit ça ne les arrange pas, soit ton copain est trop noir, soit tu es trop bourré. Oui mais tu es vraiment trop bourré me dit ma copine. On commence a marcher mais on est trop bourré et trop défoncé pour que l'air du dehors nous permette de retrouver nos esprits. Ma copine en a marre de marcher et me propose qu'on prenne un vélib pour rentrer plus vite. Je me souviens que c'est très difficile de pédaler dans mon état et j'ai l'impression que la rue de paris ne va jamais finir, c'est comme si chaque coup de pédale me semblait un effort surhumain. Je monte les étages de chez ma copine et je m'effondre sur son canapé. Je me réveille le lendemain avec une gueule de bois monumental et je vais la soigner en rentrant chez moi pour ne plus sortir de mon lit avant le lundi matin et la reprise des hostilités professionnelles.

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266 Rue des pyrénées

Publié le par drink 75

Il s'abrite sous l'entrée de la banque, s'assied sur les marches en attendant que la pluie cesse. Depuis quelques temps, il y a une famille qui campe devant la boulangerie qui fait l'angle avec la rue des pyrénées et de ménilmontant et parfois il parle avec eux. Des syriens. Il se souvient  de sa femme, quand elle était encore vivante, quand ils se promenaient dans le quartier, heureux et insouciants. Il pense a elle et récite une sorte de mantra. J'attends que tu viennes et reviennes mais tu semble absente alors j'essaie de te décrocher dans mon rêve et je cours après toi après que mes yeux se soient vacillés dans la nuit après que la nuit m'ait englouti comme pour que j'oublie que tu n'es pas la comme pour que mon esprit efface ton absence et puis que je recommence à compter les heures sans toi a compter les jours loin de toi à compter les semaines ou tu n'es pas la a compter les mois ou tu n'es toujours pas là je ne suis pas a plaindre je suis l'homme qui ne devrait pas partager le banquet ni le repas je devrais être dans l'ombre et te regarder vibrer sans moi parce que je suis un intrus je suis un étranger dans la maison et que ce n'est pas mon rôle acteur de boulevard dans cette pièce aux accents shakespeariens alors je retourne aux fondamentaux comme ils disent dans les vestiaires les entraîneurs à la con j'erre un peu sur le pavé des rigoles je traîne sur le belvédère je cogite en recherchant la rue vilain chère a pérec et puis je dégringole rue des cascades et je ressens ton absence sur les murs de la ville mais ce n'est pas grave parce que tu es toujours là me tenant la main et souriant de ton air qui est le même que lorsque tu es colère parce que tu es la même dans tout les sentiments parce que tu es absolu et sans concession et nous savons bien toi et moi que ton absence est une présence et que jamais tu ne quittes le pavé des rigoles jamais tu n'es loin de belleville. Même ton absence est une présence même ton absence est une prégnance. Une présence. Des gens pensent qu'il est fou. Tout le monde le pense. L'amour est une folie sans doute. Un homme attends que la pluie cesse abrité sous l'entrée de la banque du 266 rue des pyrénées.

 

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276 rue des pyrénées

Publié le par drink 75

 

Tu t'installe a l'arrêt du bus du 26, celui qui s'appelle pyrénées-ménilmontant, devant le garage midas, ou des gars viennent déposer leur bagnole toute la journée. Tu regardes tout ces gens qui semblent vivre, petits pantins désarticulés, pauvre être qui court inexorablement vers la mort en croyant que c'est une vie. Une gorgée de bière. Celle qui fracasse, une pas chère que tu vas chercher jusqu'au lidl de la place des fêtes pour en acheter. C'est encore l'aube. Un énorme camion décharge des palettes devant le supermarché qui fait l'angle entre la rue des pyrénées et la rue de ménilmontant. Un carrefour market. Tu sens mauvais, tu as dormi dehors, il faudrait que tu ailles aux bains douches un peu plus loin. Un bus passe, quelques personnes et quelques personnes descendent. Le 26 reprend sa route en direction de la gare saint lazare. Un 96 descend la rue de ménilmontant et s'arrête juste après avoir disparu de ton champs de vision. Devant le carré beaudouin,

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280 rue des pyrénées

Publié le par drink 75

Tu traînes vers le 280 rue des pyrénées. Tu parles un peu avec le polonais, il n'est pas encore alcoolisé donc tu restes un peu avec lui. Il reçoit un peu d'argent tout de même, il est bien intégré dans le quartier, des gens lui ramènent des courses du carrefour market juste a côté. Tu te demande ce que serait ta vie si tu étais toujours avec la femme que tu aimais tant, tu te dis que peut-être tu serais encore debout, tu ne serais pas cette épave qui erre toute la journée dans la rue, qui dort parfois encore dans cette chambre, meublé juste d'un lit et d'un lavabo ou ne coule que l'eau froide. Le carrefour pyrénées-ménilmontant a quelques mètres de là résonnent des klaxons de type qui ont sans doute ainsi l'impression d'exister. Toi tu t'en fous désormais. Tu ne sais plus depuis combien de temps tu as décidé, depuis combien de temps tu t'es décidé a te retirer de la vie. Depuis qu'elle est partie sans doute. Depuis tu attends la mort et te suicide lentement, a l'alcool. Tu te lèves de la marche sur laquelle tu es assis, juste a côté du 280 rue des pyrénées, tu prends le chemin de la place gambetta. Tu ne sais plus ou tu vas, mais ce n'est pas très grave, tu ne sais même plus qui tu es.

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286 rue des pyrénées

Publié le par drink 75

C'est comment le 286 rue des pyrénées. Je ne sais pas. Je m'en fous. Les gens qui y vivent je m'en fous aussi. Je m'en fous totalement. Je suis assis devant l'adresse, des filles viennent bronzer, enfin un truc comme ça. Je ne sais pas trop. Je suis tellement loin de la vie vous savez. Tellement loin. Le mec est beau putain. Le mec qui a vendu son appartement et qui a tout vendu pour partir sur les routes. Je me rends compte. Il semble si détendu avec son camion. Le gars est venu me dire au revoir. Je me demande si je ne devrais pas faire pareil, si je devrais pas je ne sais pas quoi au fait. Bordel tout vendre mais j'ai rien. Bordel j'ai rien. Je voudrais tout vendre mais je n'ai rien, j'ai vu le garçon qui va partir loin et qui ne veut plus vivre. Le mec est cool. J'aime ça putain. J'aime ça.

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292

Publié le par drink 75

L'homme un peu fou qui erre toujours rue des pyrénées gratte sa tête et les quelques cheveux qui lui restent dessus. Il ne comprend pas ou est le 292 rue des pyrénées. C'est son objectif du jour. Trouver le 292 rue des pyrénées. C'est dimanche c'est jour de marché, il démarre de la place du guigner au 294, et le marché dominicale se termine un peu plus loin a l'angle de la rue des pyrénées et de la rue de ménilmontant. Il passait sa vie au 294 quand il était encore vivant, avant qu'il se retrouve à la rue, avant qu'il ne redevienne rien, avant l'errance et la nuit. Il passait sa vie au 294 quand il avait encore un appartement, il mangeait presque tout les soirs au turc. C'est curieux d'ailleurs de penser que le turc a vendu son restaurant et l'appartement du dessus, c'est drôle de penser qu'il est retrouvé viré de son appartement lui aussi, étonnante corrélation des évenements. Peut-être qu'il aurait pu s'en sortir. Peut-être pas. Le turc lui aurait fait a manger, sa femme lui aurait donné des fruits. Maintenant il n'y a plus rien a la place des trucs, juste le rade d’à côté qui a une plus grande terrasse. Il appartient aux mêmes frères qui ont déjà le rade des rigoles. Les hamburgers pas très bon ont remplacés le succulent mezze. Il s'est fait virer a ce moment précis de son appartement. Et il est resté dans le quartier, les bains douches sont juste la, il connaît des personnes qui peuvent l'aider de temps en temps, pourquoi serait-il parti ? Et pour où ? Sa vie c'est belleville, son quartier c'est belleville, il ne sait pas ou il pourrait aller ? Après le 294, c'est la place du guigner, puis l'angle de la rue du guigner et de la rue de l'est. Ensuite il y a l'ancien magasin de moto qui est devenu un magasin pour professionnel du bâtiment, et ensuite une plaque indique le 290. Il passe la journée a errer autour de la place comme tout les jeudis et les dimanches, il attends que le marché soit terminé pour ramasser quelques fruits. Il se dit que c'est lui désormais qui habite au 292 de la rue des pyrénées dans ce no man's land ou la rue des pyrénées fait une pause. Il vit désormais au 292 rue des pyrénées, c'est nulle part et c'est partout, c'est sa vie de rien. Il vit désormais la. Au 292, parmi les fantômes et les largués. Il vit désormais la.

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