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231 Rue des pyrénées

Publié le par drink 75

 

Au 231 de la rue des pyrénées, un homme regarde un match de rugby sur sa petite télévision dans son petit appartement, il aime bien regarder du rugby féminin qui lui rappelle celui qu'il pratiquait dans les années 80 et même s'il y a des fautes techniques, il retrouve la fraîcheur qu'il y avait dans le rugby masculin quand on était pas encore professionnel, et quand le dopage consistait a mettre du sucre dans son vin. Ce n'est pas que le rugby qui a perdu sa fraîcheur, c'est toute la vie, quand on pensait au futur on pensait a l'impossible, regarder du rugby ça le replongeait dans ses années 80, rien n'était bien sans doute, on voulait vieillir, on s'emmerdait, les parents nous emmerdaient et on voulait partir, mais maintenant on y était, la vie avait fait son oeuvre, on avait vieilli très mal, très vite, et tout serait bientôt fini, un petit cancer et tout serait fini, c'était ainsi. Au 231 de la rue des pyrénées, assis dans son canapé, dans un appartement du troisième étage, une femme lit un livre de sam shepard paru chez christian bourgois. Quand elle a entendue la nouvelle de la mort de sam shepard, elle a eu comme une bouffée de nostalgie, elle s'est souvenue qu'elle avait un livre de lui dans sa bibliothèque, et c'était une pièce de théatre, fool for love, c'était devenue un film de robert altman avec kim basinger et shepard lui-même, aucun souvenir. Harry dean stanton aussi, tellement années 80. La femme qui tutoie la cinquantaine se souvient surtout de tout les écrivains publiés chez christian bourgois : john fante, brautigan, jim harrison, tabucchi, et tant d'autres encore. Elle n'achetait plus tellement de livres chez bourgois, elle n'achetait plus que des livres en poche de toutes façons, le dernier livre qu'elle avait du acheter chez bourgois c'était dan fante, le fils de john. Il était mort lui aussi. Tout le monde mourrait. Tout mourrait, les souvenirs comme les gens. Au 231 de la rue des pyrénées, dans son appartement du rez de chaussée qui donne sur la cour, un homme écoute un vinyl de marquis de sade qui vient d'être reédité et qu'il vient d'acheter. Il écoute l'album rue de siam, le second et dernier du groupe. Il n'a pas acheté de places pour le concert de reformation, le soi-disant unique concert de reformation de marquis de sade a rennes. Il a peur du retour en arrière, rennes, philippe pascal, franck darcel, la salle de la cité. Déjà que chaque fois qu'il va a rennes, il a l'impression de prendre un shoot années 80. Il va encore presque chaque année aux transmusicales mais ce sont des groupes un peu nouveau. Rennes, marquis de sade, philippe pascal. Bordel la trilogie années 80, ça sentait le sapin, ça sentait vraiment le sapin.

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233 Rue des pyrénées

Publié le par drink 75

 

Le restaurant grec qui se trouve au 233 de la rue des pyrénées vient de fermer ses portes. La serveuse qui tourne la clé dans la serrure ressent des douleurs dans ses jambes, avec la chaleur ses jambes se déshydratent et elle doit faire attention aux crampes. Dans la cuisine du 233 de la rue des pyrénées, le commis termine de nettoyer, un copain va venir le chercher, ils iront ensuite boire un verre avant d'aller en boîte de nuit et pour le commis de cuisine, l'objectif est clair, il doit se ramener une gonzesse dans son plumard ce soir, il a besoin d'une bonne séance de baise. Un homme s'éloigne du restaurant, sa femme lui tient la main, ils retournent vers leur appartement situé un peu plus bas, rue saint blaise, l'homme se dit que ça ne peut plus durer, il pense a sa maîtresse et il a une furieuse envie d'elle, il va coucher avec sa femme ce soir en pensant a une autre. Il se sent lâche et pathétique. Le patron du restaurant du 233 rue des pyrénées compte sa recette. Il dépose les espèces dans une enveloppe pour la banque. Il n'arrive plus a payer toutes les charges du restaurant, sincèrement il pensait que la vie d'adulte serait beaucoup plus drôle que cela. Il compte et recompte et ne comprend pas pourquoi le solde est toujours négatif. Le chef du restaurant grec qui se trouve au 233 de la rue des pyrénées se change dans la cuisine. Il est trop vieux pour ce travail se dit-il, il doit prendre sa retraite bientôt. Il a un peu peur, il sera tout seul, que va t'il faire une fois a la retraite ? Les gens attendent la retraite tout leur vie se dit-il et puis une fois que c'est arrivé ils attendent. Bordel, c'est sans doute cela la retraite, attendre la mort. Tout doucement, attendre la mort.

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235 rue des pyrénées

Publié le par drink 75

 

Au 235 de la rue des pyrénées, un homme sort des affaires de son armoire a vêtements. Dans le petit appartement au quatrième étage dans lequel il vit depuis longtemps. Il prépare une valise dans laquelle tout est bien rangé, l'homme est très consciencieux et il a soigneusement plié toutes ses affaires. Il referme sa valise et la dépose dans l'entrée. C'est la dernière fois, il se dit, c'est la dernière fois qu'il part en voyage, la dernière fois qu'il part avec sa femme. Il est heureux de réaliser son rêve, enfin, heureux que tout se termine. il prend l'album ou se trouve les photos de son amour, celle qui devenait devenir sa femme, le dépose dans le sac qu'il aura avec lui dans l'avion. Elle va voyager a ses côtés. Elle débarquera avec lui, elle l'accompagnera, jusqu'a la fin. Tout est préparé. Au 235 de la rue des pyrénées, un homme se prépare pour un dernier voyage, auprès de celle qui est morte juste avant qu'il ne l'épouse. C'était il y a quelque temps déjà, un ou deux ans sans doute. Il a pensé mourir, se jeter dans le vide, il a voulu la rejoindre, tant et tant de fois. Mais il n'y arrive pas. Et puis un jour, en regardant les documents du voyage de noce, il s'est dit qu'il allait partir. Là, ou elle voulait aller. Le pays de ses rêves, il se souvenait encore de la joie qu'elle ressentait a l'idée d'aller là-bas. Juste avant qu'elle meurt. Juste avant. Avant qu'ils se marient. Quand il était encore en vie lui aussi, quand il était encore parmi les vivants, avant que celle qui allait devenir sa femme, ne meurt. Il prendra l'avion, il ira dans le pays dont elle rêvait, il laissera des photos d'elle partout dans les rues. Au 235 de la rue des pyrénées, un homme prépare son dernier voyage, celui qu'il fera avec celle qui devenait devenir sa femme. C'est un voyage sans retour, se dit-il en refermant la porte, un voyage sans retour.

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237 Rue des pyrénées

Publié le par drink 75

 

Un homme est assis a son bureau, il pleure. Un homme est assis au 237 de la rue des pyrénées, au second étage d'un immeuble situé presque au même niveau que l'arrêt du 26 et du 64, l'un en direction de nation, l'autre en direction de la place d'italie. L'homme écrit une note sur son blog en souvenir de cette femme a laquelle il pensera jusqu'à la fin de sa vie. Voici ce qu'il écrit. Je sais que je fais chier tout le monde avec mes pensées alors je ne dis rien, je m'assieds dans le froid du petit matin, je regarde la seine ou j'aimerais tant me jeter et me noyer, je dis ça je dis rien, j'aimerais tant faire le malin pour la plus belle femme du monde, je dis ça je dis rien. Je reçois une invitation pour la parution d'un livre d'une fille qui m'a toujours paru assez médiocre comme blogueuse. Pendant que j'empile les lettres de refus des éditeurs, certains sont publiés, j'ai dis a la plus belle femme du monde que je ne le serais jamais, je me rappelle comme ça la rendait furieuse, heureusement elle n'est plus là pour voir ça, je me dis, c'est sans doute tant mieux, je dis ça je dis rien. Je compte les jours depuis que le fantôme est parti, je compte la prégnance des jours et des nuits, je décompte les jours de douleur, je sais que je ne devrais pas me morfondre, je sais que je ne devrais pas en parler alors je n'en parle pas, et je regarde les larmes coulées de mon visage, chaque soir de ce qui va rester de ma vie, parce ce que c'est ma vie tout simplement et que ce sera ma vie tout simplement, je dis ça je ne dis rien. Je tourne les pages des livres que je lis, certains changent ma vie et pas d'autres, d'autre pas, je ne fais plus que ça lire des livres, je n'ai plus envie d'images, je dis ça je ne dis rien. Ma vie est un soubresaut de l'âme, ma vie est une vision au loin, un homme dans le brouillard, ma vie est une brûlure qui ne s'éteint pas. Je ne dis rien. Je ne me complais pas, je ne me plais dans le chagrin, je n'ai juste pas le choix. C'est mon âme ne veut pas lâcher la plus belle femme du monde, alors même si mon corps abandonne, même si mes membres abandonnent, mon âme ne veut pas lâcher l'affaire. Non. Mon âme ne veut pas lâcher. Ne va pas lâcher. Mon âme ne va pas lâcher. L'homme pleure assis a son bureau du 237 de la rue des pyrénées, l'homme pleure.

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239 Rue des pyrénées

Publié le par drink 75

 

Une femme se promène entre les rayonnages du comptoir des mots, elle aime bien cette librairie du 239 rue des pyrénées, elle vient souvent le dimanche matin, elle regarde parfois les commentaires des libraires accrochés a la couverture des bouquins. Elle lit le commentaire sur le dernier despentes qui est dithyrambique. Le premier vernon subutex l'avait enthousiasmé, elle l'avait lu d'une traite l'été dernier dans le jardin de son père près du lac d'annecy, assis dans un transat a l'ombre. Le second l'avait gonflé, un pensum chiant et sans âme, a bout de souffle. Alors la jeune femme regarde la couverture du livre et se demande si ça vaut vraiment le coup d'acheter le troisième volume ? Un des libraires regarde un listing des parutions a venir dans la librairie du 239 rue des pyrénées, son oeil accroche sur  : "tout est brisé" de william boyle a paraître en septembre chez gallmeister. Le premier william boyle qui s'appelait gravesend du nom du quartier de new york ou se situe l'action du livre l'avait enthousiasmé. Le numéro 1000 de rivages/noirs. Depuis françois guérif l'éditeur mythique et créateur de rivages noirs avait quitté rivages pour rejoindre gallmeister. Boyle l'avait suivi chez cet éditeur. Un jeune homme justement se promène dans le rayon polar et regarde les dernières parutions en poche, il y a un nouveau anne hillerman. La fille du grand tony hillerman a reprit le flambeau, c'est assez troublant. Assez réussi. Il tombe en arrêt en regardant les nouveautés en rivages thriller. Il y a un nouveau hugues pagan. Bordel ça fait combien ? 20 ans que pagan n'a pas publié. En gros depuis qu'il lit, il a toujours lu des vieux pagan c'est la première fois que sort un nouveau pagan alors qu'il est adulte. Bordel un nouveau pagan il marmonne. Un homme a côté de lui dans la librairie du 239 de la rue des pyrénées prend un livre qui vient d'être publié. Duane swierczynski : canary. Il aime bien deux choses chez cet auteur, d'abord c'est du hard-boiled a l'ancienne, pas des histoires de serial killer a la con ou on empile les morts pour cacher son absence de style. Et c'est toujours une nouvelle histoire, pas les sempiternelles séries avec le même personnage. Une femme tourne les pages de l'infinie comedie de foster wallace. Ce livre lui faisait peur. 1467 pages et foster wallace n'était pas le plus simple des auteurs. Un ami lui avait dit qu'il fallait deux a trois heures de lecture par jour pendant un mois pour en venir a bout. Une année sabbatique voila ce qui lui faudrait. Elle devait lire l'infinie comédie avant de mourir. Ce serait bien avant de mourir.

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241 rue des pyrénées

Publié le par drink 75

 

Une femme entre dans la banque qui se trouve au 241 de la rue des pyrénées. Juste de l'autre côté de la place gambetta quand on vient de la rue de ménilmontant, juste avant la place gambetta quand on vient de cours de vincennes. Il y a l'arrêt du 26 et du 84 a cet endroit de la rue des pyrénées. En face un café nommé indiana qu'on peut retrouver a pleins d'endroits a paris, surtout sur les places. Une femme entre dans la banque et se dit que la prochaine fois, elle viendra s'immoler. Elle a rendez-vous avec son conseiller financier. Il va lui prendre son chéquier et sa carte bleue, elle le sait, c'est écrit, comme dirait l'autre. Un jour elle va entrer dans l'agence et s'immoler. Comme les gens qui ne supportent plus leur travail qui vont se mettre le feu sur leur parking. Un jour elle en aura assez d'être pauvre. Un homme passe devant l'agence caisse d'épargne du 241 de la rue des pyrénées, il parle au téléphone : "tu fais caraméliser les lentilles avec du paprika et du hazelmout, et à ce moment-là seulement tu rajoute ton riz. Mais tu attends, il faut que ça grésille, que ça caramélise, tu comprends ? Une femme sort de l'agence bancaire du 241 de la rue des pyrénées, elle prend la direction de la place martin nadaud ou elle doit manger avec une amie. Elle travaille dans cette banque. Elle vient encore d'envoyer un manuscrit a une maison d'édition et elle sait bien que ce sera refusé. Elle le sait. Elle va manger avec son amie et elle va lui dire ce que disait toujours un écrivain dont elle fut amoureuse pendant quelques années. Je ne serais jamais a l'académie française, parce que je suis écrivain, que je ne suis pas de droite et que je ne suis pas vieux. Elle rit. Il lui manque. Il lui manque vraiment. Elle lui manque beaucoup plus qu'il ne lui manque. Elle le sait. Il meurt chaque jour de son absence. Une femme entre dans l'agence caisse d'épargne du 241 de la rue des pyrénées. Elle est femme de ménage. Les gens ne la voit pas. Personne ne la voit. C'est ainsi. Elle mesure un mètre soixante sept et elle est femme de ménage. Au 241 de la rue des pyrénées.

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243 Rue des pyrénées

Publié le par drink 75

 

Un homme descend les escaliers du 243 de la rue des pyrénées, il va se rendre au magasin "monceau fleurs" a côté de l'immeuble qui fait l'angle avec la place gambetta, il y achètera un bouquet de fleurs et il se rendra au cimetière du père lachaise dont l'une des entrées est juste de l'autre côté de l'avenue gambetta, il installera les fleurs dans le vase qui se trouve sur la tombe de ses parents. L'homme mourra le 23 mars 2048 à l'âge de 67 ans, un matin il ne se réveillera, sa femme le secouera pour le réveiller mais il sera déjà mort. L'enfant qui vient d'acheter des sushis au magasin "planète sushi" qui se trouve à côté de l'immeuble mais de l'autre côté que le fleuriste, le magasin fait l'angle avec la rue des gâtines ou se trouve des barrières pour empêcher sans doute l'accès au commissariat, l'enfant donc entre dans l'immeuble qui se trouve au 243 de la rue des pyrénées,monte les deux étages et rentre dans l'appartement ou elle vit avec sa mère, qui rentre tard. L'enfant mourra le 17 novembre  2032 a l'âge de 28 ans, elle ne survivra pas a un accident de voiture. Une femme d'un certain âge, mais dont le visage semble refait, lèvres de mérou, visage impassible, seins un peu trop haut pour être honnête, une femme donc entre dans l'immeuble sis au 243 de la rue des pyrénées, elle cherche le nom de son ex-amant sur les boîtes aux lettres, et dépose une enveloppe remplie de merde de chien bien fraîche qu'elle a collectée le matin même quand son canidé nommé kiki s'est soulagé avec extase. La femme mourra 13 janvier 2031 a l'âge de 74 ans d'une longue maladie comme on dit mais plus prosaïquement d'un cancer de la langue. Une femme sort du 245 de la rue des pyrénées, des larmes coulent de ses yeux, elle est comme désespérée, on ne saura jamais pourquoi. Elle se dirige vers le métro gambetta et descend précipitamment les escaliers qui mènent sur le quai de la ligne 3 en direction de gallieni. Elle se jettera sur les rails quand le métro entrera dans la station, elle mourra dans l'ambulance du samu, le lundi 15 mai 2017 à l'âge de 36 ans.

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245 rue des pyrénées

Publié le par drink 75

 

Je viens a pied du commissariat, l'immeuble du 245 de la rue des pyrénées est a quelques dizaines de mètres. Je monte au deuxième étage assez rapidement comme si le macchabée qui m'attends en avait quelque chose a foutre. On peut le décrocher ? me demande mon adjoint en me disant que c'est un suicide, enfin il semble que ce soit un suicide. Je pense a louise, je ne suis plus vraiment sur l'affaire, les plus fins limiers du quai des orfèvres sont maintenant au chevet de l'affaire. Je continue de rendre visite a sa mère, elle me parle, je lui parle, nous nous parlons. Il y a une lettre ou l'homme pendu demande a sa fille de lui pardonner, visiblement il était très endetté, il dit que sa mort va tout résoudre, j'ai pas trop compris pourquoi ajoute mon adjoint alors que je me demande s'il a jamais compris que ce soit. Qui l'a trouvé je lui demande  ? Sa femme, elle est a côté, on a appelé un interprète, elle ne parle pas le français, elle ne parle l'anglais, elle est moldave. C'est comme du roumain, je dis, si tu parle latin tu peux t'en sortir. Les moldaves parlent roumain ? m'interroge mon adjoint avec un air aussi choqué que si je venais de lui proposer de l'enculer sans capote. Je vais dans la pièce a côté, une femme est prostré sur un petit canapé. Elle me semble beaucoup plus jeune que le type que l'on vient de décrocher. Elle pleure avec intensité comme seule les slaves en ont le secret. Je dis les quelques mots de roumain que je connais, elle ne semble pas comprendre. Je suis russe elle dit en anglais, enfin c'est ce que je comprends. Bordel ce nouvel adjoint je vais le tuer. At-kouda te ? je lui demande. Elle lève les yeux vers moi, elle semble vraiment jeune, je ne sais pas dans les 25 ans, le mec qu'on est en train de décrocher dans l'autre pièce a dans les 50 ans. Govori russky elle dit les yeux dans le vide. tchut' tchut' je réponds. Elle me dit d'ou elle vient. Mon adjoint arrive. Elle est bélarus je lui dis. Rien a voir avec le roumain, demande un traducteur de russe. Je m'assois près de la jeune fille. Je regarde la lettre manuscrite posé sur la table. L'homme dit qu'il ne faut pas que sa fille lui en veuille, qu'elle devra s'occuper de sa mère, qu'elles n'auront plus aucune dette. Elles devront vendre l'appartement et repartir vivre au belarus avec l'argent elles pourront bien vivre là-bas. La jeune femme pleure. Le téléphone sonne. Une très jeune fille débarque dans la pièce en hurlant. Une grande-mère qui pleure débarque a la suite de l'enfant. Le téléphone sonne toujours. Mon adjoint me regarde avec son air de chien battu. Je pense a louise. Le téléphone sonne toujours. Je pense a louise.

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247 Rue des pyrénées

Publié le par drink 75

 

Dans un appartement du 247 de la rue des pyrénées, un homme est allongé sur son lit. Au second étage d'un appartement dont les fenêtres donnent sur la cour. Il lit un livre de cioran, de l'inconvénient d'être né, il le relit plutôt, un des livres qu'il ne retirera pas de sa bibliothèque. Il a prit cette décision, un peu obligé par l'espace très limité de son appartement. Quand il a comprit qu'il n'aurait jamais un grand appartement, qu'il vivrait seul toute sa vie et dans un espace ne dépassant pas les trente mètres carrés au mieux, il avait décidé qu'il ne garderait que les livres indispensables, ceux qu'il pourrait relire à l'infini. Il avait alors exfiltré de ses étagères tout les livres qu'il ne relirait pas, beaucoup de polars pas inintéressants mais pas indispensables. Il n'avait pas jeté les livres. Il les avait donné, distribué a des associations et dorénavant il n'avait plus que quelques étagères. Il sacrifiait parfois un auteur quand il achetait de nouveaux livres, ainsi le dernier foster wallace, énorme, l'avait obligé a faire un peu de place. Il vivait dans une absolue solitude, la semaine il travaillait, et même s'il avait des échanges avec ses collègues, il ne se sentait aucune appétence avec eux. Ils habitaient tous en très lointaine banlieue, voire au début de la province, et leur intérêts dans la vie semblaient être leur maison, leurs enfants, leur sortie en vélo dans la forêt. Il ne s'intéressait qu'a la littérature et il préférait ne pas trop en parler auprès de ses collègues pour ne pas les heurter, passer pour un mec qui pétait plus haut que son cul. Il y a des gens qui lorsque vous parlez du dernier livre que vous avez lu, vous regarde comme si vous étiez un sérial killer. L'homme pose son livre sur ce qui lui tient lieu de table de chevet. Il pense a cette femme qui fut sa maîtresse, elle ne venait plus désormais un jour ou deux par mois, avant,  ils s'accouplaient sauvagement, comme si c'était la dernière fois qu'ils faisaient l'amour. Elle avait disparue comme elle était apparue, aussi soudainement. Un jour elle lui avait dit que c'était fini, qu'elle devait retourner auprès de sa famille. L'homme sourit amèrement, allongé dans son lit au 247 de la rue des pyrénées, regarde le plafond, et attends qu'il ne se passe rien, comme qui dirait, il attends qu'il ne se passe rien.

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249 rue des pyrénées

Publié le par drink 75

 

Tu te retrouve dans ce bel immeuble qui se trouve au 249 de la rue des pyrénées, un peu avant la place gambetta quand on vient de la rue de ménilmontant, à l'angle de l'impasse cordon-boussard, ta vue a encore baissé et tu sais que ce n'est que le début du futur grand voyage dans le noir, alors tu parles avec ces ami qui vit dans son petit deux pièces qu'il a du acheter il y a bien longtemps peut-être trente ans, quand il n'y avait pas encore toute cette population friquée dans le quartier. Ils trinquent a je ne sais quoi, l'homme semble malade, tu penses un peu trop a toi en ce moment et tu oublies tes amis, tu te rends compte a quel point tu ne penses plus aux autres. Ca va tu  demandes et l'autre hausse les épaules comme si sa santé n'était pas un sujet. Il a toujours vécu seul au fond et il est habitué a ne parler qu'a lui-même, et tu rends compte a quelque petits détails qu'il est sans doute malade. Tu n'oses pas lui en parler et vous trinquez a nouveau. Tu regarde une photo d'une actrice des années 50, c'est gene tierney dans laura et tu souviens que tu avais été avec ton ami pour dénicher cette photo, et tu te souviens aussi qu'il avait acheté la partition originale de la musique de laura. Tu penses alors a cette femme que tu aimerais tant revoir et que tu ne reverras plus, tu penses alors que tu pourrais lui écrire et lui dire que bientôt tu ne verras plus, mais tu sais que ce ne serait pas une bonne idée, parce que si elle acceptait de te revoir ce serait par pitié, alors bien sur tu aimerais lui dire que la voir avant de tout perdre, voir son visage avant que de ne plus voir ce serait apaisant pour toi, tu garderais en mémoire son visage et tu garderais cette image jusqu'à ta mort. Ton ami te dit qu'il ne pourra sans doute pas t'aider quand tu deviendras aveugle car il a un cancer et un méchant il ajoute. Tu ne sais pas quoi dire. Ca sent le sapin, il ricane et puis il prépare un nouveau gin-gini pour vous deux. Vous trinquez et tu ne sais plus quoi dire. Vous trinquez. Tu ne sais pas quoi dire.

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