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219 rue des pyrénées

Publié le par drink 75

Au 219 de la rue des pyrénées, dans l'immeuble qui jouxte le 221, un homme est assis, les yeux dans le vide, il pense a toute ses années, comme le quartier fut, il se souvient de ses jeunes années. La nostalgie le gagne, et il s'enfonce un peu plus dans son fauteuil dans l' appartement du 219 de la rue des pyrénées ou vit sa fille. Une jeune fille lit un livre de colas gutman dans la chambre de l'appartement du 219 de la rue des pyrénées ou elle vit avec ses parents, elle est allongée sur son lit, elle aime les livres de colas gutman, c'est de la littérature jeunesse mais ce n'est pas mièvre. Bientôt elle aura 10 ans, elle se demande comment ça fait d'avoir dix ans. L'homme assis dans son fauteuil, pense à la conversation qu'il a eu avec son médecin, il se demande quand donc les souvenirs vont s'effacer. Un jour il ne se souviendra plus de son enfance, de la rue vilin, un jour il ne se souviendra plus, du quartier de son enfance, de cette période ou ils ont tout rasés, du parc de belleville qui a tout recouvert. Un jour il ne se souviendra plus. L'enfant repose le livre. Ou est-ce qu'elle sera dans 10 ans, quand elle fêtera ses 20 ans. Et dans 20 ans, quand elle fêtera ses 30 ans. L'avenir la fascine. Elle aimera que le temps passe, grandir, partir de cette maison, vivre a l'abri du monde et lire tout les livres qui existent et qui paraissent. L'homme se lève de son fauteuil, il se dirige vers la chambre de sa petite fille. Il se demande pendant combien de temps il va se souvenir que c'est sa petite-fille en la voyant ? Il faudra qu'il s'occupe des papiers pour que son appartement de la rue de la mare soit la propriété de sa fille. Ainsi quand il mettra fin a ses jours, quand il sera devenu poussière dans une petite boîte sis au père lachaise, tout sera en ordre. On toque a la porte, et l'enfant dit entrer. Son grand-père lui sourit pourtant il semble ailleurs, un peu comme elle. On y va il demande. Il y a 10 minutes a pied pour aller a tenon, voir sa petite soeur qui vient de naître, voir sa mère qui vient d'accoucher. Voir connard de beau-père aussi. Elle sourit. Essaie de garder le sourire de ta petite-fille de 10 ans, il se dit, en lui disant de se préparer. Garde le sourire de l'enfant jusqu'a la fin. Ou presque.

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223 rue des pyrénées

Publié le par drink 75

 

Au 223 de la rue des pyrénées, un homme dort allongé sur le trottoir. Non il somnole. C'est le matin, il est allongé sur un amas de carton. Il écrit une lettre dans sa tête a sa fille qu'il ne reverra sans doute jamais. "Je dois te parler mon enfant. Essayer d'expliquer. Te dire comme nous t'avons souhaitée avec ta mère. Te raconter comme nous nous sommes battus, déchirés, interrogés, comme nous t'avons physiquement désirée. Je veux que tu saches. Je veux que tu comprennes. Tu sais, aujourd'hui encore, quand je pense à ta mère, je pense à toi. A moi aussi parfois, au bonheur de tous les instants. A celui que j'ai failli être, à celui que je ne serai jamais. Ta mère avait attendu 40 ans pour être enceinte. Arrêter de boire, arrêter de fumer, arrêter de sortir, d'errer dans la nuit. Je veux que tu saches ma petite, ma toute petite enfant, ta mère a fait tellement d'efforts. C'était comme si toutes ces années de grisailles, d'esprits qui se dévorent, comme si toute la douleur empilée, comme si le malheur se dissipait. Je me souviens comme tu bougeais dans le ventre de ta mère, et parfois dans la nuit, pendant que ta mère dormait d'un sommeil agité, je me souviens avec précision que je me penchais et que je te murmurais des paroles apaisantes à travers son ventre. Je me souviens de la fatigue de ta mère quand il fallait monter les escaliers pour remonter à notre appartement, je me souviens quand elle s'asseyait sur les bancs dans la rue, et comme elle caressait son ventre, comme elle te berçait pour que tu t'endormes. J'ai le souvenir aussi de ses colères, aussi soudaines que courtes, je me souviens de ces moments où elle se tournait vers moi et me disait sa fatigue et sa peur en l'avenir. Je la prenais dans mes bras et parfois elle pleurait. Je caressais son beau visage et je lui disais que tout irait bien, que nous serions heureux tous les trois. Nous avons acheté une voiture, juste avant que ta mère accouche, pour le présent et pour l'avenir. Je me fichais de cette voiture, c'est juste ce qu'elle représentait qui me fascinait, l'avenir, nous trois, notre vie. Je me souviens j'étais heureux de cela, ne sachant rien de l'avenir pourtant, n'ayant aucune certitude. Mais je tenais les clés à la main et je les regardais, comme on regarde un trésor. Je t'ai imaginée à l'arrière, riant, pleurant, chantant. Je t'ai imaginée ma toute petite. Et j'ai versé une larme. Tu seras une fille au prénom impossible. Je n'ai pas voulu contrarier ta mère, elle avait de drôles d'idées sur les prénoms, mais je m'en fichais un peu. Tout à la joie de ton arrivée. Je ne sais où elle avait déniché ce prénom totalement saugrenu. Ma toute petite, ma toute belle enfant, toute de sucre et d'orge, de cannelles et de couleurs, mon enfant je t'appelais différemment. Je ne parvenais pas à prononcer, ingérer, comprendre ce prénom. Je dirais ma toute belle, ma toute petite, mon bel amour, je t'appellerai autrement. Tu me souriras. Je te parlerai de tes grands-parents, de mes parents, ils ne seront plus là pour t'admirer, alors je te parlerai d'eux. Te montrerai des photos. Tes autres grands-parents seront encore là, pour te raconter  leur histoire, pour te raconter ton histoire. Le pays d'où ils viennent. La chaleur de leur voix et de leur accent te réchauffera le cœur. Mon amour. Tu seras comme un lien entre ta mère et moi, comme un pont pour relier nos deux solitudes antagonistes. Ma toute petite, mon bel amour, mon adorée je cherche encore les mots pour exprimer l'amour que j'ai eu pour toi. Que j'ai eu ? Que j'ai ? Cet amour oh mon amour, cet amour tu ne peux pas le deviner. Tu ne le connaitras jamais. Ce n'était que toi, que ta mère et que moi. Juste nous. Elle et moi. Et toi ou étais-tu ? Je t'ai cherchée longtemps, si longtemps, au bout du monde, au bout du vide. Je me penche par la fenêtre du train, je m'immerge dans la langueur automnale, dans le mi-froid du début de la matinée. Je regarde les enfants qui se vont à l'école. Je me demande où tu vas à l'école, à quelle heure tu te prépares, comment tu t'éveilles, comment tu t'endors la nuit. Ou es tu ? As-tu seulement existé mon enfant, as-tu seulement vécu, es-tu seulement sortie du ventre de ta mère. Je me noie quand je pense à toi tu sais. Je ne comprends pas ce qui m'arrive, je ne parviens pas à vivre. Loin de toi, je suis loin de moi tu sais. Loin de tout. Je veux vivre pour toi, pour moi, pour tous les autres. Pour ce que nous sommes et ce que nous ne serons pas. Je veux m'immerger dans la vie, je veux te prendre pas la main et t'emmener, loin de toute cette civilisation. Un petit sourire sur tes lèvres, un cœur qui bat un peu plus fort. Je veux t'emmener sur la grande roue à Pokhara, voir le manège de petit pierre. Je veux, que tu ris, que tu pleures, que tu t'émeuves. Je veux que tu sois vivante ma toute petite. Je veux que tu sois encore parmi nous, je veux que ta mère soit en face de moi et me regarde amoureusement. Je veux que tu prennes ton rond de serviette à table. Je veux tout cela. Pourquoi tu n'es plus la ? Pourquoi ta mère n'est plus ici ? Je t'aurai emmenée parfois, tu aurais mis ta main dans la mienne, nous serions allés au jardin de Belleville, tu aurais sauté dans l'eau de la fontaine, ou alors nous aurions fait le tour du lac au parc Montsouris, ou alors nous aurions couru dans le parc des Buttes-Chaumont en tombant et roulant dans l'herbe. Nous aurions mangé une glace au printemps, je me souviens, nous aurions un peu marché et tu aurais râlé car tu aurais eu mal aux pieds et tu aurais commencé à chouiner pour que nous prenions le métro. Tu aurais dit papa, sois raisonnable, je marche déjà assez avec maman. Alors comme tu étais mon enfant unique, et peut-être parce que tu étais la seule, je t'aurais prise dans mes bras, et j'aurais dit d'accord on prend le métro. Dans le wagon, tu tournerais autour de la barre, tu danserais autour en riant, et les autres passagers te regarderaient, admiratifs de ton bonheur et ta joie de vivre, de ton corps souple et gracile. Puis fatiguée, tu t'assoirais sur mes genoux et me demandant ce qu'on ferait à la maison. Si maman nous rejoindrait. Tu sais bien qu'elle est en voyage je dirais. Le soir avec la fatigue, tu pleurerais un peu en disant pourquoi ma mère est toujours en voyage, pourquoi elle m'abandonne. Je te regarderais un peu désemparé. Sans savoir que te dire. Tu t'endormirais ta main dans la mienne. Je serais un peu triste aussi, de l'absence de ta mère. Ma toute petite, ma tout petite enfant...Mon petit morceau de moi, d'elle aussi...Ou est ta mère ? Je ne sais plus vraiment, loin si loin, si loin elle est partie, si loin, elle ne reviendra pas, tu le sais je crois, je le sais aussi, et même, même si elle revenait, elle ne serait plus là. Parmi nous. Parmi toi et moi. Elle ne serait plus telle que nous l'avons connue, telle que nous l'avons aimée, telle que nous avons cru qu'elle serait. Nous ne l'avons qu'imaginée je crois ta mère, nous ne l'avons que devinée, qu’espérée. Je me demande parfois si je l'ai vraiment connue, si ce n'est pas une chimère à laquelle je m'accroche. Je me demande tu sais. Mais non, puisque tu m'en parles, ma tout petite, mon adorée. Ta mère a réellement existé puisque tu me demandes souvent de ses nouvelles. Ou est-elle me demandes tu ? Ou est ma mère ? Je te regarde ma toute petite, mon adorée, je te regarde, je ne sais si j'existe, si tu existes, si ta mère existe, je ne sais pas si nous sommes encore une famille. Si nous sommes dans le champs des possibles, si nous sommes une illusion, si nous existons réellement. Tu ne sais pas toi si ta mère existe ma toute petite, je te regarde qui cours de ton pas mal assuré, je te regarde et je me demande aussi si ta mère existe réellement. Je me demande, souvent, parfois, ce qui nous a réunis un jour, ce que nous sommes encore et toujours, si nous nous sommes même connus. L'homme essuie les larmes qui coulent sur ses joues, il renifle, puis enfonce son visage dans un carton, comme pour disparaître.

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225 rue des pyrénées

Publié le par drink 75

 

Au 225 de la rue des pyrénées, un homme regarde les photos qu'il vient de trouver dans une boite de biscuits saint michel. Il se trouve dans l'appartement de sa mère, morte il y a quelques jours, l'homme regarde les photos de ses parents, celle de son frère et de lui, enfants, les détails d'une vie. Un sentiment de banalité l'envahit. Il a vécu ici, a quelques encablures de la place gambetta, il se souvient avec nostalgie, c'est tout ce qui reste, non, ces visages sur de la paraffine, comme une impression de déjà vécu. Au 225 de la rue des pyrénées, une jeune fille dépose le dernier 33 tours des vampires, un groupe punk qu'elle a vu en concert quelques semaines auparavant. C'est le milieu des années 80, le premier morceau s'appelle fort poétiquement "jésus christ était pédé". En concert, alors que le groupe entame la première chanson, le chanteur sort d'un cercueil posé sur la scène. Elle aime bien ce groupe, et puis un groupe qui a une chanson qui s'appelle "sauvez les carottes râpées" ne peut pas être complétement mauvais. Elle se sent presque fière d'être rouquine. Au 225 de la rue des pyrénées, une enfant dessine, elle essaie de se souvenir du visage de son père, c'est difficile, elle était si jeune quand il est mort, elle se souvient chaque jour de ce sourire, même juste avant qu'il meurt, elle se souvient encore et toujours de se sourire qui ne l'a jamais quitté. Elle s'est juré de le dessiner, jusqu’à le retrouver, pour qu'il vive encore. Comme avant. Pour qu'il vive encore auprès d'elle. Au 225 de la rue des pyrénées, un jeune garçon recommence a lire "la salle de bains" de jean philippe toussaint. C'est michel polac qui en a recommandé la lecture a droit de réponse, l'émission qu'il regarde souvent les samedis soirs ou il ne sort pas, ses parents sont accros, le vendredi soir apostrophe et le samedi soir droit de réponse. Il a acheté le livre avec ses économies, comme il vient de sortir, il a payé plein pot, 39 francs au gibert du boulevard saint michel qui se trouve juste a côté du cinéma porno. L'hiver arrive, le jeune garçon est content. C'est un enfant de l'hiver. Nous sommes a la fin de 1985, le garçon va avoir dix huit ans. Il se demande ce que ça fait d'avoir 18 ans. Au 225 de la rue des pyrénées, un vieil homme regarde ce monde qu'il va bientôt quitter, sans trop savoir, ce qu'il était venu faire là, et pourquoi, les regrets, les espoirs non validés, les impressions diffuses, la vie qui trépasse. L'homme se sent comme apaisé, comme libéré d'un poids, d'un secret trop bien gardé. Il baisse le rideau de sa fenêtre du 225 de la rue des pyrénées.

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227 rue des pyrénées

Publié le par drink 75

 

 

Au 227 de la rue des pyrénées, un homme écrit ceci avec un beau stylo a plume sur un cahier qui semble d'une autre époque et qu'on pourrait presque appeler grimoire  : "J’ai quitté Benoît un peu avant l’aube, à l’heure de la fuite des illusions, à l’heure ou l’ivresse se transforme en sommeil. Il me dit ne cherche pas trop, ne cherche pas des raisons, tu étais parti depuis quelques années, je ne comprends pas ce que tu veux. Moi non plus j’ai pensé je ne sais pas vraiment ce que je veux. Peut-être revoir Chloé, maintenant que Miguel est mort, la voie est libre. C’est l’aube. Je m’assoie sur un banc du port de la bastille en me demandant si je ne suis pas en train de suivre le chemin de Miguel. C’est donc cela mon but. Finir en me balançant au bout d’une corde. Le réveil, là, savoir que ce n’est rien, rien d’autre qu’une vie qui avance, pas plus vaillante, pas moins glorieuse, une vie de plus c’est tout, une vie de plus c’est rien. Et je voudrais réellement continuer ainsi, ne plus savoir ce que je suis, pourquoi je voudrais boire ou ne plus boire, pourquoi je voudrais vivre ou ne plus vivre, pourquoi je m’asphyxie dans l’alcool et je m’épuise dans les nuits. Je désire comprendre ce qui m’arrive mais c’est impossible si j’arrête de boire, j’aime la vaillance de notre désespoir, la perte de nos repères, et le sentiment que nous allions vers la déroute. Je ne sentais pas une réelle gloriole à me maintenir dans cet état de complète déchéance, de destin qui partait en piquer. Curieux ce sentiment d’immortalité, l’émotion qui affleure du zinc. Le ballon à moitié rempli de vin rouge, ce désir, ardent et brutal de vider le verre comme on rend les armes. Je sais la douleur de boire, de trop boire, de trop se laisser aller, de s’immerger dans la douleur. Boire est douloureux, trop de bonheurs, trop d’émotions, d’illusions, la vie qui se fane, comme en sommeil. On ne vît jamais la béatitude, on ne recommence rien, on s’émeut sur soi-même. On comprend son propre désir, sans maîtrise, trop de désir, trop d’envie. Pourquoi ne peut-on jamais s’arrêter de boire, on s’éprouve dans l’ivresse. Forcément, l’envie de boire, un besoin animal, comme le cochon à besoin de la boue, comme le mélomane de la musique. Forcément boire, je ne sais rien faire d’autre, je ne suis pas préparé à vivre, inapte au quotidien, incapable de gérer le moindre des éléments qui rythme les semaines et les mois. Boire permet de s’appesantir sur son malheur, se complaire dans l’indolence, continuer à ne rien faire pour que rien ne se passe. On s’essouffle ne plus courir, à ne plus se battre, on se fatigue à se laisser aller, à ne rien désirer, à ne plus vouloir. Baigné dans ce nuage, noyé dans une flaque d’eau, juste lever son verre et aligner les gorgées, continuer le rien et boire encore et toujours. Dans ses cahiers, Miguel dit quelque chose sur la cale sèche, sur l’illusion de l’ivresse sans l’ivresse. Sur l’idée de vivre sans vivre. Sur l’impression du voyage sans voyage. Il dit que l’illusion de vivre, l’impression de regarder tout cela d’un œil torve est bien supérieur à la vie elle-même.". L'homme pose son stylo, referme le cahier. Se lève, allume une cigarette et s'accoude a son minuscule balcon qui donne sur la rue des pyrénées. La rue stendhal qui démarre en face. Au 227 de la rue des pyrénées.

 

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229 rue des pyrénées

Publié le par drink 75

 

Je me gare devant le 229 de la rue des pyrénées. Bordel j'ai encore rêvé de louise cette nuit, elle venait me hanter dans mon sommeil, elle me demandait de continuer de chercher son meurtrier. Je ne suis plus chargé de l'enquête je lui répondais, je ne sais même pas ou ils en sont. Nulle part sans doute.  Je me gare devant un opticien, je suis a cette endroit ou la rue des pyrénées après le métro gambetta descend vers la rue de bagnolet. Il y a un immeuble aussi au 229 mais je ne vois pas un mouvement, et je regarde autour de moi sans remarquer un quelconque collègue de la maison poulaga. J'appelle mon crétin de collègue qui m'explique qu'il s'est trompé de quelques numéros et que c'est au 232 que m'attends le suicidé. Bordel ils ont quoi en ce moment dans le quartier, c'est le troisième suicidé que je vais ramasser en quelques semaines, avec la mort de louise, ça fait 4 macchabées pour la seule rue des pyrénées. On se croirait a la campagne, puisque malgré la qualité de vie tellement extraordinaire de la province, il parait qu'on se suicide beaucoup chez les agriculteurs. Je démarre et m'engage dans la rue stendhal pour pouvoir faire une marche arrière et repartir vers gambetta. Cette tête d'ampoule d'adjoint ne s'est trompé que de 3 unités sauf que les numéros des deux côtés de la rue des pyrénées ne sont pas du tout au même niveau. C'est ou exactement le 232 je demande a mon adjoint. Un peu avant les ours, il me dit. Les ours je demande. Oui c'est le non d'un café, je vous rassure lieutenant, il n'y a pas un troupeau de plantigrade qui s'est échappé du cirque électrique. Je connais la café les ours j'éructe, et il n'y a pas d'animaux au cirque électrique, triple andouille ! Par contre toi tu vas passer a la chaise électrique, on est plus a un mort près. Je raccroche au pif du crétin. Je dépasse la place gambetta, la mairie du vingtième ou je devais me marier a une époque bien révolue. Je me gare devant le 232, juste derrière une ambulance et je m'allume une cigarette avant de sortir de ma voiture. J'entends les mots, suicide, armes a feu, dettes, c'est moche a voir. Je me demande ce qui se passe dans la tête des gens pour se suicider. J'essaie de me souvenir si j'ai jamais voulu me fumer. Quand j'étais jeune, peut-être. Je monte jusqu'a l'appartement, le type a écrit un mot pour des salariés visiblement, sans doute encore un type dont la boîte a fait faillite et qui est incapable de régler les dettes. Il y a du sang et des morceaux de cervelles et de crâne un peu partout. Il va encore falloir aller annoncer la bonne nouvelle a la famille, mère, femme ou enfants. C'est pire que la gastro, les suicides dans votre quartier, me dit le docteur. Pourtant, on vante toujours le bon air des pyrénées, il ajoute pince sans rire. Je regarde le corps sans tête assis sur le fauteuil, des gars prennent des photos.  Je redescends dehors. Depuis la mort de louise, tout le monde semble vouloir en finir dans le quartier. Depuis la mort de louise...

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231 Rue des pyrénées

Publié le par drink 75

 

Au 231 de la rue des pyrénées, un homme regarde un match de rugby sur sa petite télévision dans son petit appartement, il aime bien regarder du rugby féminin qui lui rappelle celui qu'il pratiquait dans les années 80 et même s'il y a des fautes techniques, il retrouve la fraîcheur qu'il y avait dans le rugby masculin quand on était pas encore professionnel, et quand le dopage consistait a mettre du sucre dans son vin. Ce n'est pas que le rugby qui a perdu sa fraîcheur, c'est toute la vie, quand on pensait au futur on pensait a l'impossible, regarder du rugby ça le replongeait dans ses années 80, rien n'était bien sans doute, on voulait vieillir, on s'emmerdait, les parents nous emmerdaient et on voulait partir, mais maintenant on y était, la vie avait fait son oeuvre, on avait vieilli très mal, très vite, et tout serait bientôt fini, un petit cancer et tout serait fini, c'était ainsi. Au 231 de la rue des pyrénées, assis dans son canapé, dans un appartement du troisième étage, une femme lit un livre de sam shepard paru chez christian bourgois. Quand elle a entendue la nouvelle de la mort de sam shepard, elle a eu comme une bouffée de nostalgie, elle s'est souvenue qu'elle avait un livre de lui dans sa bibliothèque, et c'était une pièce de théatre, fool for love, c'était devenue un film de robert altman avec kim basinger et shepard lui-même, aucun souvenir. Harry dean stanton aussi, tellement années 80. La femme qui tutoie la cinquantaine se souvient surtout de tout les écrivains publiés chez christian bourgois : john fante, brautigan, jim harrison, tabucchi, et tant d'autres encore. Elle n'achetait plus tellement de livres chez bourgois, elle n'achetait plus que des livres en poche de toutes façons, le dernier livre qu'elle avait du acheter chez bourgois c'était dan fante, le fils de john. Il était mort lui aussi. Tout le monde mourrait. Tout mourrait, les souvenirs comme les gens. Au 231 de la rue des pyrénées, dans son appartement du rez de chaussée qui donne sur la cour, un homme écoute un vinyl de marquis de sade qui vient d'être reédité et qu'il vient d'acheter. Il écoute l'album rue de siam, le second et dernier du groupe. Il n'a pas acheté de places pour le concert de reformation, le soi-disant unique concert de reformation de marquis de sade a rennes. Il a peur du retour en arrière, rennes, philippe pascal, franck darcel, la salle de la cité. Déjà que chaque fois qu'il va a rennes, il a l'impression de prendre un shoot années 80. Il va encore presque chaque année aux transmusicales mais ce sont des groupes un peu nouveau. Rennes, marquis de sade, philippe pascal. Bordel la trilogie années 80, ça sentait le sapin, ça sentait vraiment le sapin.

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233 Rue des pyrénées

Publié le par drink 75

 

Le restaurant grec qui se trouve au 233 de la rue des pyrénées vient de fermer ses portes. La serveuse qui tourne la clé dans la serrure ressent des douleurs dans ses jambes, avec la chaleur ses jambes se déshydratent et elle doit faire attention aux crampes. Dans la cuisine du 233 de la rue des pyrénées, le commis termine de nettoyer, un copain va venir le chercher, ils iront ensuite boire un verre avant d'aller en boîte de nuit et pour le commis de cuisine, l'objectif est clair, il doit se ramener une gonzesse dans son plumard ce soir, il a besoin d'une bonne séance de baise. Un homme s'éloigne du restaurant, sa femme lui tient la main, ils retournent vers leur appartement situé un peu plus bas, rue saint blaise, l'homme se dit que ça ne peut plus durer, il pense a sa maîtresse et il a une furieuse envie d'elle, il va coucher avec sa femme ce soir en pensant a une autre. Il se sent lâche et pathétique. Le patron du restaurant du 233 rue des pyrénées compte sa recette. Il dépose les espèces dans une enveloppe pour la banque. Il n'arrive plus a payer toutes les charges du restaurant, sincèrement il pensait que la vie d'adulte serait beaucoup plus drôle que cela. Il compte et recompte et ne comprend pas pourquoi le solde est toujours négatif. Le chef du restaurant grec qui se trouve au 233 de la rue des pyrénées se change dans la cuisine. Il est trop vieux pour ce travail se dit-il, il doit prendre sa retraite bientôt. Il a un peu peur, il sera tout seul, que va t'il faire une fois a la retraite ? Les gens attendent la retraite tout leur vie se dit-il et puis une fois que c'est arrivé ils attendent. Bordel, c'est sans doute cela la retraite, attendre la mort. Tout doucement, attendre la mort.

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235 rue des pyrénées

Publié le par drink 75

 

Au 235 de la rue des pyrénées, un homme sort des affaires de son armoire a vêtements. Dans le petit appartement au quatrième étage dans lequel il vit depuis longtemps. Il prépare une valise dans laquelle tout est bien rangé, l'homme est très consciencieux et il a soigneusement plié toutes ses affaires. Il referme sa valise et la dépose dans l'entrée. C'est la dernière fois, il se dit, c'est la dernière fois qu'il part en voyage, la dernière fois qu'il part avec sa femme. Il est heureux de réaliser son rêve, enfin, heureux que tout se termine. il prend l'album ou se trouve les photos de son amour, celle qui devenait devenir sa femme, le dépose dans le sac qu'il aura avec lui dans l'avion. Elle va voyager a ses côtés. Elle débarquera avec lui, elle l'accompagnera, jusqu'a la fin. Tout est préparé. Au 235 de la rue des pyrénées, un homme se prépare pour un dernier voyage, auprès de celle qui est morte juste avant qu'il ne l'épouse. C'était il y a quelque temps déjà, un ou deux ans sans doute. Il a pensé mourir, se jeter dans le vide, il a voulu la rejoindre, tant et tant de fois. Mais il n'y arrive pas. Et puis un jour, en regardant les documents du voyage de noce, il s'est dit qu'il allait partir. Là, ou elle voulait aller. Le pays de ses rêves, il se souvenait encore de la joie qu'elle ressentait a l'idée d'aller là-bas. Juste avant qu'elle meurt. Juste avant. Avant qu'ils se marient. Quand il était encore en vie lui aussi, quand il était encore parmi les vivants, avant que celle qui allait devenir sa femme, ne meurt. Il prendra l'avion, il ira dans le pays dont elle rêvait, il laissera des photos d'elle partout dans les rues. Au 235 de la rue des pyrénées, un homme prépare son dernier voyage, celui qu'il fera avec celle qui devenait devenir sa femme. C'est un voyage sans retour, se dit-il en refermant la porte, un voyage sans retour.

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237 Rue des pyrénées

Publié le par drink 75

 

Un homme est assis a son bureau, il pleure. Un homme est assis au 237 de la rue des pyrénées, au second étage d'un immeuble situé presque au même niveau que l'arrêt du 26 et du 64, l'un en direction de nation, l'autre en direction de la place d'italie. L'homme écrit une note sur son blog en souvenir de cette femme a laquelle il pensera jusqu'à la fin de sa vie. Voici ce qu'il écrit. Je sais que je fais chier tout le monde avec mes pensées alors je ne dis rien, je m'assieds dans le froid du petit matin, je regarde la seine ou j'aimerais tant me jeter et me noyer, je dis ça je dis rien, j'aimerais tant faire le malin pour la plus belle femme du monde, je dis ça je dis rien. Je reçois une invitation pour la parution d'un livre d'une fille qui m'a toujours paru assez médiocre comme blogueuse. Pendant que j'empile les lettres de refus des éditeurs, certains sont publiés, j'ai dis a la plus belle femme du monde que je ne le serais jamais, je me rappelle comme ça la rendait furieuse, heureusement elle n'est plus là pour voir ça, je me dis, c'est sans doute tant mieux, je dis ça je dis rien. Je compte les jours depuis que le fantôme est parti, je compte la prégnance des jours et des nuits, je décompte les jours de douleur, je sais que je ne devrais pas me morfondre, je sais que je ne devrais pas en parler alors je n'en parle pas, et je regarde les larmes coulées de mon visage, chaque soir de ce qui va rester de ma vie, parce ce que c'est ma vie tout simplement et que ce sera ma vie tout simplement, je dis ça je ne dis rien. Je tourne les pages des livres que je lis, certains changent ma vie et pas d'autres, d'autre pas, je ne fais plus que ça lire des livres, je n'ai plus envie d'images, je dis ça je ne dis rien. Ma vie est un soubresaut de l'âme, ma vie est une vision au loin, un homme dans le brouillard, ma vie est une brûlure qui ne s'éteint pas. Je ne dis rien. Je ne me complais pas, je ne me plais dans le chagrin, je n'ai juste pas le choix. C'est mon âme ne veut pas lâcher la plus belle femme du monde, alors même si mon corps abandonne, même si mes membres abandonnent, mon âme ne veut pas lâcher l'affaire. Non. Mon âme ne veut pas lâcher. Ne va pas lâcher. Mon âme ne va pas lâcher. L'homme pleure assis a son bureau du 237 de la rue des pyrénées, l'homme pleure.

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239 Rue des pyrénées

Publié le par drink 75

 

Une femme se promène entre les rayonnages du comptoir des mots, elle aime bien cette librairie du 239 rue des pyrénées, elle vient souvent le dimanche matin, elle regarde parfois les commentaires des libraires accrochés a la couverture des bouquins. Elle lit le commentaire sur le dernier despentes qui est dithyrambique. Le premier vernon subutex l'avait enthousiasmé, elle l'avait lu d'une traite l'été dernier dans le jardin de son père près du lac d'annecy, assis dans un transat a l'ombre. Le second l'avait gonflé, un pensum chiant et sans âme, a bout de souffle. Alors la jeune femme regarde la couverture du livre et se demande si ça vaut vraiment le coup d'acheter le troisième volume ? Un des libraires regarde un listing des parutions a venir dans la librairie du 239 rue des pyrénées, son oeil accroche sur  : "tout est brisé" de william boyle a paraître en septembre chez gallmeister. Le premier william boyle qui s'appelait gravesend du nom du quartier de new york ou se situe l'action du livre l'avait enthousiasmé. Le numéro 1000 de rivages/noirs. Depuis françois guérif l'éditeur mythique et créateur de rivages noirs avait quitté rivages pour rejoindre gallmeister. Boyle l'avait suivi chez cet éditeur. Un jeune homme justement se promène dans le rayon polar et regarde les dernières parutions en poche, il y a un nouveau anne hillerman. La fille du grand tony hillerman a reprit le flambeau, c'est assez troublant. Assez réussi. Il tombe en arrêt en regardant les nouveautés en rivages thriller. Il y a un nouveau hugues pagan. Bordel ça fait combien ? 20 ans que pagan n'a pas publié. En gros depuis qu'il lit, il a toujours lu des vieux pagan c'est la première fois que sort un nouveau pagan alors qu'il est adulte. Bordel un nouveau pagan il marmonne. Un homme a côté de lui dans la librairie du 239 de la rue des pyrénées prend un livre qui vient d'être publié. Duane swierczynski : canary. Il aime bien deux choses chez cet auteur, d'abord c'est du hard-boiled a l'ancienne, pas des histoires de serial killer a la con ou on empile les morts pour cacher son absence de style. Et c'est toujours une nouvelle histoire, pas les sempiternelles séries avec le même personnage. Une femme tourne les pages de l'infinie comedie de foster wallace. Ce livre lui faisait peur. 1467 pages et foster wallace n'était pas le plus simple des auteurs. Un ami lui avait dit qu'il fallait deux a trois heures de lecture par jour pendant un mois pour en venir a bout. Une année sabbatique voila ce qui lui faudrait. Elle devait lire l'infinie comédie avant de mourir. Ce serait bien avant de mourir.

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