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339

Publié le par drink 75

La bibliothèque de l'homme qui habite au 339 rue des pyrénées couvre des murs et des murs. Un peu de littérature blanche bien entendu mais surtout beaucoup, mais alors beaucoup de polars, de la noire. La bibliothèque par ordre alphabétique commence avec Agee james et une poire pour la soif. Elle termine, la bibliothèque de l'homme qui habite au 339 rue des pyrénées, des rayonnages plus loin par l'inondation d'ievgueni zamiatine, s'il ne se trompe pas c'est michel polac à l'époque de droit de réponse qui a fait découvrir zamiatine en france, c'est aussi a droit de réponse qu'il a entendu parler de jean-philippe toussaint pour la salle de bains. Ensuite il ferait un exposé en classe de seconde, et le professeur lui donnerai quatorze alors que les autres élèves sembleraient plus incertains sur le qualité du bouquin. Dans son souvenir, l'homme qui habite au 339 avait beaucoup insisté sur la préparation des poulpes et sur l'écoute du mulitplex de football a la radio. Plus tard alors qu'il vivrait a bruxelles, une amie lui dira que toussaint habite ixelles et qu'il fréquente le belga place flagey. Mais comme aujourd'hui ou il ne sort plus de d'un axe belleville menilmontant qui va en gros de père lachaise a stalingrad et en remontant au nord jusqu'a place des fêtes et porte des lilas, l'homme ne quitterait jamais les marolles du temps ou il vivait a bruxelles, sauf pour traîner un peu a saint gilles. Il fréquentait beaucoup le pêle-mêle a bruxelles comme aujourd'hui il fréquente toutes les boutiques de beaucoup d'occasions, gibert, book-off, la boutique de polar rue cardinal lemoine, boulinier, oxfam près de saint ambroise et même le connard qui vend des livres d'occasion rue du jourdain dans sa boutique immense qui sert de tournage pour des films de cinéma. L'homme fait courir ses yeux le long de sa bibliothèque, il cherche un polar a relire, un petit polar nerveux, court, peut-être du hard-boiled, un truc a la duane Swierczynski. genre date limite ou the blonde. Au début de sa bibliothèque, il y a marc behm. C'est juste après angot, il n'aime pas trop le personnage angot, il n'aime pas tout ses livres, mais il se souvient encore de la fièvre qui l'avait saisi quand il avait lu sujet angot. C'était la découverte d'une langue, d'une littérature, ce livre avait révolutionné beaucoup de ses certitudes sur la littérature. Il regarde tout les titres de marc behm, tous chez rivages noirs, la vierge de glace peut-être ? La reine de la nuit ? C'est pas beineix qui voulait adapter au cinéma la vierge de glace et qui n'avait jamais trouvé l'argent. En fin de compte c'est claude miller qui avait adapté mortelle randonnée, avec adjani au faîte de sa gloire et serrault qui commençait a jouer des rôles sérieux. Raté bien sur le film. Ce qu'il aimait chez behm c'est le côté picaresque et foutraque des livres. A la même époque, serrault avait joué dans on ne meurt que deux fois l'adaptation par audiard en fin de vie d'il est mort les yeux ouverts de robin cook. Robin cook que tout le monde confond avec un mauvais écrivain policier qui s'appelle à l'identique et qui écrit des bouzes qui se passent dans le milieu médical. Même manchette a fait l'erreur dans une de ces chroniques. Tavernier adaptera les mois d'avril sont meurtriers de robin cook, c'est pas mal, il produira mais c'est un autre gars qui tournera le film, celui qui avait tourné il faut tuer birgit haas, le film est avec jean-pierre bisson, un acteur oublié que l'homme qui habite au 339 aimait beaucoup, il y avait marielle aussi, c'était un film de jean-pierre, il manquait plus que jean pierre sentier, un autre acteur oublié un peu lunaire, qui a furtivement comme bisson traversé les années 80. L'homme adore robin cook, peut-être l'homme qui a écrit les polars les plus tristes de tout les temps. j'étais dora suarez c'est tout de même plus puissant qu'american psycho. Tavernier bien plus tard s'attaquera a james lee burke et le film sera raté. Burke c'est lent et puis tommy lee jones ça va pour robicheaux. Burke ça avait été un sacré choc aussi, après la découverte de prisonniers du ciel l'homme se souvient qu'il avait voulu partir a la nouvelle orleans. C'était l'époque du film the big easy et aussi d'un autre film avec mickey rourke et de niro, la grande époque nouvelle orleans. Les yeux de l'homme courent le long de sa bibliothèque, bello le gars qui se regarde écrire et qui se croit très malin, après tout éloge de la pièce manquante c'est pas mal, benacquista, le regretté benotman qu'il a failli rencontrer juste avant qu'il casse sa pipe. Les yeux de l'homme continue d'avancer, la lettre C, on arrive aux italiens, camilleri, le poilant et rigolo camilleri, carofiglio, il faudra relire carofiglio, se souvient comme témoin involontaire l'avait tout se suite emballé, les interrogations d'un quadragénaire, le temps qui passe, la vie qui fuit, l'homme qui n'est pas touché par les écrivains venus du sud qui passent leur temps a geindre, aime le polar italien, le blues absolu et désespéré du mâle italien. L'homme s'arrête sur chesbro. Longtemps qui'il n'a pas lu chesbro, Sans doute le plus décalé du polar. Mongo le magnifique. Un nain artiste de cirque qui est aussi criminologue. Il pourrait lire bone de chesbro mais ce n'est pas un mongo le magnifique, c'est plus sur l’expérience de chesbro avec des sans abris. Il veut lire un mongo un peu nerveux, un peu irréel. Il s'assied dans son fauteuil. Il tourne la couverture de la cité ou les pierres murmurent il n'écoute plus les bruits de la ville, il n'écoute plus. Les bruits de la ville.

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